L’ancien gouverneur de la Banque du Canada propose une initiative inspirée du modèle norvégien pour renforcer l’indépendance économique du pays.
Un fonds souverain inspiré du modèle norvégien
Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada et figure influente de la finance, a officialisé la création d’un fonds souverain national. Baptisé Canada Strong Fund, il est doté de 25 milliards de dollars canadiens à son lancement. Le projet s’inspire du modèle de gestion des richesses naturelles de la Norvège et vise à renforcer la souveraineté économique du Canada sur le long terme. L’initiative entend limiter l’exposition économique du Canada face aux États-Unis, alors que les tensions commerciales ont ralenti plusieurs secteurs clés. Les surtaxes américaines ont notamment fragilisé la croissance et l’emploi. Ottawa cherche donc à diversifier ses partenariats et ses sources de financement.
Des investissements ciblés dans les secteurs stratégiques
Le fonds financera des projets liés à l’énergie, aux ressources critiques et aux infrastructures nationales. Vingt et un grands chantiers d’intérêt national ont déjà été identifiés. Le financement reposera sur un modèle mixte, associant capitaux publics et privés. Les relations commerciales avec les États-Unis restent marquées par des tensions vives. Plus de 85 % des échanges demeurent toutefois exempts de droits de douane. La révision de l’accord de libre-échange nord-américain est attendue prochainement, Washington réclamant des ajustements majeurs dans les négociations en cours.
L’opposition critique certains risques liés au financement de projets énergétiques, notamment un soutien indirect au secteur pétrolier et gazier. Le gouvernement défend une approche de transformation économique structurante. La majorité parlementaire récente renforce la capacité d’action de l’exécutif. Ottawa mise sur un repositionnement stratégique de son économie. Le fonds souverain devrait être déployé progressivement dans les prochaines années, avec l’objectif affiché de renforcer l’indépendance économique du pays. Le projet s’inscrit dans une vision industrielle et financière durable.
Aristide HAZOUME