Le FRONDEG annonce son retrait des élections législatives et locales. Son leader, Abdoulaye Yéro Baldé, dénonce des irrégularités et un processus électoral biaisé.
Un scrutin clé pour la transition, mais contesté
Prévues pour le 31 mai, les élections doivent permettre de renouveler 147 députés et 342 maires. Ce scrutin est présenté par les autorités comme une étape cruciale vers le retour à l’ordre constitutionnel, après plus de quatre ans de transition sous la direction du général Mamadi Doumbouya. Mais le Front national pour la défense de la démocratie (FRONDEG), principale force d’opposition, a décidé de se retirer. Son président, Abdoulaye Yéro Baldé qui avait obtenu 6,59 % à la dernière présidentielle – accuse l’organe électoral de violations répétées du code électoral. Dès le 25 avril, il avait menacé de quitter le processus. Trois jours plus tard, le 28 avril, il a mis sa menace à exécution à l’issue d’une réunion extraordinaire du parti.
Accusations de partialité et rejets de candidatures
Dans son communiqué, le FRONDEG dénonce :
· des violations systématiques du code électoral,
· un déséquilibre manifeste en faveur de la mouvance présidentielle,
· le rejet sans justification de plusieurs candidatures, notamment à Conakry et dans l’intérieur du pays.
De son côté, la Direction générale des élections (DGE) rejette fermement ces accusations. Sa présidente, Camara Djénabou Touré, affirme que la loi a été strictement appliquée et qu’aucune violation du code électoral n’a été constatée. Ce retrait intervient alors que le processus de transition guinéen, qui dure depuis plus de quatre ans, suscite de vives tensions. Si les autorités promettent un retour progressif à l’ordre constitutionnel, plusieurs acteurs politiques et observateurs réclament davantage de transparence. La DGE rappelle que le code électoral encadre strictement le processus et insiste sur la conformité des décisions administratives prises.
La défection du FRONDEG pourrait affecter la participation électorale et la crédibilité du scrutin, considéré comme un test majeur pour la stabilité nationale. Les appels au dialogue lancés par les autorités n’ont, pour l’instant, pas convaincu l’opposition. Les prochaines semaines seront décisives pour l’inclusivité du processus, dont dépendront les résultats finaux.
Aristide HAZOUME