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Dossier médical unique : Le pari risqué du Royaume-Uni

Depuis le 1er juin 2026, le Parlement britannique examine le projet de « Single Patient Record » (SPR), un dossier numérique unique visant à centraliser l’ensemble des données médicales des patients anglais. Présentée comme un levier pour améliorer la qualité des soins, cette réforme relance les débats sur la confidentialité des données de santé et le rôle potentiel de l’entreprise américaine Palantir, déjà sous contrat avec le système de santé public britannique.

Londres veut moderniser le partage des données médicales

Le gouvernement britannique défend une réforme d’ampleur du système de santé. Le futur dossier patient unique regrouperait les informations issues des cabinets médicaux, des hôpitaux et des services sociaux. Selon le ministère de la Santé britannique, ce dispositif permettrait des soins plus rapides et plus sûrs. Les professionnels de santé pourraient accéder à l’historique complet des patients, quel que soit le lieu de consultation. Les autorités estiment également que cette centralisation réduirait les erreurs médicales et allégerait certaines tâches administratives.

Intégré au NHS Modernisation Bill, le projet pourrait, selon l’exécutif, diminuer les admissions inutiles aux urgences et générer des économies pour le service public de santé. Toutefois, plusieurs organisations professionnelles réclament davantage de garanties. Elles exigent une transparence totale sur l’hébergement, l’accès et l’utilisation des données médicales.

Palantir au cœur des inquiétudes

Les critiques se concentrent sur la société américaine Palantir, qui fournit déjà la plateforme fédérée de données du NHS. Son contrat actuel court jusqu’en 2031. Le syndicat britannique Unison demande son exclusion du futur projet, estimant que la participation de l’entreprise pourrait fragiliser la confiance du public. Palantir est régulièrement épinglée pour ses activités auprès d’agences gouvernementales américaines, notamment dans le domaine migratoire. Son implication aux côtés de l’armée israélienne alimente également les controverses.

De leur côté, le NHS et Palantir assurent que les données restent sous contrôle britannique. Les autorités précisent que l’entreprise agit uniquement comme prestataire technique. Elles soulignent que les données sont hébergées au Royaume-Uni et soumises à des règles de sécurité strictes. Le gouvernement britannique a confirmé cette semaine que Palantir serait traitée comme n’importe quel autre candidat. L’entreprise n’est donc pas exclue du futur appel d’offres lié au dossier patient unique.

Aristide HAZOUME

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