Ebola en RDC : L’épidémie à franchit la barre des 808 cas
L’épidémie d’Ebola ne faiblit pas en République démocratique du Congo. Selon le dernier bilan officiel publié par le ministère de la Santé, le pays recense désormais 808 cas confirmés et 192 décès, essentiellement concentrés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Avec un taux de létalité de 23,8 % et une progression toujours active, les autorités sanitaires intensifient la riposte face à cette flambée provoquée par la souche Bundibugyo, moins virulente que celle de Zaïre mais tout aussi meurtrière en l’absence de prise en charge rapide.
Un bilan quotidien toujours en hausse
Le rapport de situation n°31 du ministère congolais de la Santé fait état d’une accélération inquiétante de la propagation. Rien que dimanche, 26 nouveaux cas confirmés et 11 décès supplémentaires ont été enregistrés, portant le total des morts à 192. Le taux de létalité s’établit désormais à 23,8 %, un chiffre qui reflète à la fois la gravité du virus et les difficultés d’accès aux soins dans certaines zones reculées.
Pour endiguer la chaîne de transmission, les équipes médicales maintiennent une surveillance rapprochée des cas contacts et des patients placés en isolement. Dimanche, 363 personnes étaient hospitalisées dans les centres de traitement dédiés. Depuis le début de la crise sanitaire, déclarée officiellement le 15 mai, 48 patients ont pu être déclarés guéris après une prise en charge adaptée, témoignant des progrès réalisés par les protocoles thérapeutiques en cours.
Trois provinces sous haute vigilance sanitaire
La réponse d’urgence se concentre sur les foyers actifs répartis dans l’est du pays, à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Ces territoires, fragilisés par des décennies de conflits et de déplacements de populations, représentent un défi logistique et humain considérable pour les autorités sanitaires.
Les structures de traitement renforcent leurs capacités d’accueil, tandis que des campagnes de sensibilisation de masse sont déployées dans les communautés exposées pour encourager le signalement précoce des symptômes. La stratégie nationale repose sur un triptyque opérationnel : dépistage intensif, isolement rigoureux des cas confirmés et suivi méticuleux des personnes ayant été en contact avec des patients infectés.
Une souche spécifique au cœur de la riposte
Contrairement aux précédentes épidémies meurtrières survenues en RDC (notamment celle de 2018-2020), la flambée actuelle est causée par le virus Ebola Bundibugyo. Cette souche, historiquement associée à une létalité moindre que la souche Zaïre, n’en demeure pas moins extrêmement dangereuse, d’autant qu’elle circule dans des environnements urbains et ruraux densément peuplés.
Face à cette situation, les autorités congolaises, soutenues par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et plusieurs partenaires internationaux, maintiennent un niveau d’alerte maximal. La détection précoce des cas et la vaccination des personnels soignants et des contacts à risque restent les piliers de la stratégie de contrôle, dans l’espoir de freiner durablement la progression du virus et d’éviter une propagation régionale.
Aristide HAZOUME





