Politique

Haïti : António Guterres promet un soutien durable

Arrivé le 16 juin dans la capitale haïtienne, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a tenu un discours à la fois alarmant et mobilisateur. Accueilli à l’aéroport Toussaint-Louverture par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et plusieurs membres du gouvernement, il est venu constater sur le terrain l’ampleur d’une crise sécuritaire et humanitaire qui ne cesse de s’aggraver.

Une crise multidimensionnelle sans précédent

Dès sa descente d’avion, António Guterres a multiplié les rencontres : autorités nationales, représentants de la société civile, acteurs humanitaires, mais aussi déplacés internes hébergés dans des sites improvisés. Partout, le même constat s’impose : Haïti traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Face à la presse, le chef de l’ONU n’a pas mâché ses mots. Il a dépeint un pays sous la coupe de gangs armés qui étendent leur emprise sur des régions entières, semant la terreur et provoquant des déplacements massifs de population. Des milliers de familles vivent désormais dans des conditions précaires, sans accès à l’eau potable, aux soins ou à l’éducation. « Chaque jour, les Haïtiens subissent des violences qui détruisent leurs vies et leurs espoirs », a-t-il déclaré, insistant sur l’urgence d’une réponse collective.

L’enrôlement des enfants, une dérive inacceptable

Parmi les sujets qui ont particulièrement alarmé le secrétaire général figure l’implication croissante des mineurs dans les groupes criminels. Selon des données évoquées lors de la visite, une part significative des effectifs des gangs serait composée d’enfants et d’adolescents, souvent recrutés de force ou poussés par la misère. António Guterres a fermement dénoncé cette exploitation des plus vulnérables, appelant à une protection renforcée des jeunes Haïtiens. « Un enfant en arme n’est plus un enfant, c’est une défaite de la communauté internationale tout entière », a-t-il martelé.

L’insécurité alimentaire et l’urgence humanitaire

Au-delà de la violence, c’est toute une population qui lutte pour sa survie quotidienne. L’insécurité alimentaire frappe durement, et des milliers de foyers dépendent désormais de l’aide humanitaire pour se nourrir. Dans ce contexte, le secrétaire général a réaffirmé l’engagement durable des Nations unies aux côtés d’Haïti. Il a assuré que l’organisation poursuivrait son appui logistique, financier et technique, tout en plaidant pour une solidarité internationale accrue. « Haïti n’est pas seul. L’ONU est là, aujourd’hui et demain », a-t-il insisté, tout en appelant les partenaires étrangers à maintenir leurs efforts face à l’aggravation des besoins.

Un signal fort pour un avenir incertain

Cette visite, très médiatisée, intervient à un moment charnière pour le pays, toujours en quête de solutions durables pour restaurer la sécurité, renforcer ses institutions et offrir des perspectives à sa jeunesse. Si les paroles d’António Guterres ont porté un message d’espoir, elles rappellent aussi l’urgence d’une action concrète. Dans les rues de Port-au-Prince, les Haïtiens attendent désormais que cet engagement se traduise en actes, sur le terrain, dans les semaines et les mois à venir.

Aristide HAZOUME 

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