L’OMS dénonce des violences quasi quotidiennes contre le personnel soignant à Bunia. Une ambulance a été attaquée lundi. L’épidémie, la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, a déjà fait plus de 2 300 morts.
La lutte contre Ebola en République démocratique du Congo se heurte à un obstacle croissant : les attaques contre les équipes médicales. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) alerte sur une recrudescence des violences à Bunia, épicentre de l’épidémie. Lundi, une ambulance de la riposte a été prise pour cible.
« Presque quotidiennement, nous faisons face à une réaction des communautés », a déclaré le Dr Thierno Baldé, gestionnaire de l’incident à l’OMS. « Les gens voient leurs proches tomber malades et mourir ». Ces agressions répétées freinent les interventions d’urgence. Elles retardent la prise en charge des patients.
L’épidémie la plus meurtrière d’Afrique
L’épidémie actuelle, causée par la souche Bundibugyo, bat des records. Selon les autorités locales, le cap des 5 000 cas confirmés a été franchi. Le nombre de décès s’élève désormais à 2 325. Ce bilan dépasse celui de la précédente épidémie de 2018-2020. Le taux de létalité atteint 46 %. Le virus s’est étendu à une sixième province, le Bas-Uélé.
Face à cette crise sanitaire sans précédent, l’OMS adapte sa stratégie. L’organisation mise sur l’engagement communautaire. Elle recrute des conducteurs de motos comme agents de surveillance. Ces derniers transportent souvent les malades et les dépouilles. Ils sont un maillon clé dans la chaîne de transmission.
Des renforts déployés sur le terrain
L’OMS renforce ses équipes sur le terrain. Elle déploie 100 épidémiologistes supplémentaires. Plus de 500 agents de santé communautaires les appuient. Environ 400 lits ont été ajoutés ces deux dernières semaines. L’organisation insiste aussi sur des enterrements dignes et sécurisés. Elle équipe les villageois en chlore et en gants.
Malgré les progrès dans certaines localités comme Lita et Nizi, la situation reste critique. L’OMS appelle les populations à protéger le personnel de santé. La méfiance et la désinformation alimentent les violences. Les autorités sanitaires poursuivent leurs campagnes de sensibilisation. La confiance reste essentielle pour enrayer l’épidémie.
Aristide HAZOUME