Un an après avoir fui le pouvoir sous la pression de la Génération Z, Andry Rajoelina vit en exil à Dubaï. À Antananarivo, ses députés ont rallié la junte et ses proches sont emprisonnés. L’ancien président échappe toutefois encore à la justice.
Le 12 octobre 2025, Andry Rajoelina quittait Madagascar à bord d’un avion militaire français. Dix-huit jours de mobilisation de la Génération Z ont suffi à faire tomber son régime. Le colonel Michael Randrianirina a pris le pouvoir, promettant une transition de deux ans. Un an plus tard, l’ancien président réside à Dubaï. Il cherche des appuis auprès de ses homologues africains. En février 2026, il s’est affiché en Eswatini. Le roi Mswati III a qualifié son éviction d’« anticonstitutionnelle ». Cette sortie a provoqué la colère de la junte malgache.
L’effondrement de son camp à Antananarivo
Sur la Grande Île, il ne reste presque rien de son réseau. La plupart de ses députés ont rallié les militaires. Ses fidèles ont fui ou sont en prison. Rinah Rakotomanga, sa conseillère, a été arrêtée en novembre 2025. Marie-Michelle Sahondrarimalala, son ex-ministre de l’Éducation, a été condamnée à cinq ans ferme en septembre. Mamy Ravatomanga, son pilier financier, est détenu à Maurice depuis octobre 2025.
Une justice toujours en suspens
L’ancien président échappe pour l’instant aux poursuites. La Cour des comptes a documenté un accaparement de ressources publiques. Mais les députés n’ont jamais voté sa mise en accusation. La ministre de la Justice Fanirisoa Ernaivo a relancé le dossier en mai 2026. Une plainte du collectif Gen Z pour haute trahison a été déposée en décembre. Rajoelina a été déchu de sa nationalité malgache en octobre 2025. Il ne conserve que sa nationalité française.
Aristide HAZOUME