Politique

Bilie-By-Nze : Ses avocats interpellent la France

Les avocats d’Alain-Claude Bilie-By-Nze ont officiellement interpellé les autorités françaises, réclamant une réaction diplomatique face à ce qu’ils qualifient de « détention politique ». Cette requête intervient alors que le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, effectue une visite d’État à Paris, du 19 au 22 juillet 2026. La défense de l’ancien Premier ministre, incarcéré depuis le 16 avril dernier, exige sa libération immédiate.

Une détention dénoncée comme politique et arbitraire

À Paris, les conseils d’Alain-Claude Bilie-By-Nze ont mis la pression sur le Quai d’Orsay, espérant une intervention humanitaire et diplomatique en faveur de leur client. L’ancien chef du gouvernement gabonais est actuellement détenu dans le cadre d’une enquête portant sur des faits présumés d’abus de confiance et d’escroquerie, qui remonteraient à 2008.

La justice gabonaise a déjà rejeté deux requêtes cruciales de la défense : une demande en nullité de la procédure et une demande de mise en liberté provisoire. Face à ces refus, Me Arthur Vercken, l’un des avocats du dossier, dénonce une procédure entachée de nombreuses irrégularités. Il souligne que les faits reprochés sont prescrits depuis plusieurs années et estime que le dossier ne repose sur aucune base pénale solide.

Des conditions de détention « inhumaines »

Au-delà des vices de forme, la défense alerte sur les conditions carcérales de son client. Me Vercken évoque un « enfermement permanent » dans une cellule exiguë, une situation qu’il juge dégradante et destinée à affaiblir physiquement et moralement l’opposant. Selon lui, cette rigueur traduit une volonté d’intimidation politique à l’encontre de la principale figure de l’opposition gabonaise.

Un opposant majeur au cœur de la tourmente politique

Principal adversaire de Brice Clotaire Oligui Nguema lors de l’élection présidentielle de 2025, Alain-Claude Bilie-By-Nze incarne l’une des voix les plus critiques du régime actuel. Il s’était récemment distingué par son opposition farouche à plusieurs mesures gouvernementales, notamment la suspension des réseaux sociaux et la réforme controversée du code de la nationalité.

Soucieux de ne pas alimenter les accusations d’ingérence étrangère, les avocats de l’opposant assurent que leur démarche ne relève en aucun cas d’une posture néocoloniale. Ils plaident plutôt pour une mobilisation internationale en faveur du respect de l’État de droit et des droits fondamentaux, estimant que la détention de leur client constitue un test pour la justice gabonaise.

Un timing diplomatique délicat

Cette offensive médiatique et juridique survient à un moment hautement symbolique : la visite d’État du président Oligui Nguema en France. Plusieurs rencontres de haut niveau sont prévues avec les autorités françaises pour consolider le partenariat entre Libreville et Paris. L’affaire Bilie-By-Nze risque toutefois de jeter une ombre sur ces échanges diplomatiques, alors que la France est régulièrement interpellée sur son soutien aux régimes en place en Afrique.

Du côté du palais présidentiel à Libreville, on réaffirme avec fermeté l’indépendance de la justice gabonaise. La présidence écarte toute intervention de l’exécutif dans cette procédure judiciaire, rappelant que le président Oligui Nguema s’engage à respecter la séparation des pouvoirs.

Aristide HAZOUME

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