Le secrétaire américain au Trésor promet un isolement économique « sans précédent ». Téhéran maintient son blocus et revendique le contrôle du détroit. Les Émirats arabes unis dénoncent une attaque iranienne contre deux navires.
Le ton a radicalement changé entre Washington et Téhéran. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a menacé jeudi l’Iran d’un isolement économique « comme le monde n’en a jamais vu ». De nouvelles sanctions sont attendues « la semaine prochaine ». Cette annonce survient alors que le détroit d’Ormuz est bloqué depuis plusieurs mois. Il y a dix jours, Scott Bessent évoquait pourtant un accord possible avec l’Iran. Depuis une semaine, le trafic maritime est au plus bas. L’Iran reste ferme et exige que Washington accepte « toutes » ses conditions. Téhéran a même énoncé six conditions pour rouvrir la voie navigable.
Le détroit sous « contrôle » iranien
Le chef de l’unité paramilitaire des Bassidjis, Hossein Taeb, a affirmé jeudi que le détroit est « sous le contrôle et la gestion de l’Iran ». Ces propos répondent à Donald Trump, qui revendiquait la veille un « contrôle total » américain. « Aujourd’hui, vous constatez que le détroit d’Ormuz est sous la gestion et le contrôle de la République islamique », a déclaré Hossein Taeb. Le bras de fer diplomatique s’accompagne d’incidents en mer. Les Émirats arabes unis ont dénoncé une attaque iranienne contre deux navires de la compagnie pétrolière publique ADNOC. Ils évoquent des « actes de piraterie » des Gardiens de la Révolution. Washington a déjà imposé des sanctions contre des entités iraniennes après des attaques précédentes.
Un conflit aux conséquences mondiales
Le détroit d’Ormuz est stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. L’Iran affirme que le passage restera verrouillé tant que les États-Unis n’auront pas accepté toutes ses conditions. Les négociations entre les deux pays n’ont abouti à aucun progrès. Un accord provisoire signé en juin avait permis une reprise timide du trafic, avant d’être rompu par Donald Trump.
Aristide HAZOUME