Debretsion Gebremichael prend la tête du parlement du Tigré. Addis-Abeba conteste cette décision. La communauté internationale redoute une escalade.
La situation se tend au Tigré. Debretsion Gebremichael a été élu président du parlement régional. Cette institution avait été dissoute après l’accord de paix de 2022. Son rétablissement est contesté par le gouvernement fédéral. Les autorités d’Addis-Abeba jugent l’initiative “illégitime”. Mais, elles dénoncent une violation du processus de paix. Le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) conserve une forte influence locale. Pourtant, le parti a été interdit en 2025. Malgré cela, il reste incontournable dans la région.
Un processus de paix fragilisé
L’accord de novembre 2022 avait mis fin aux combats. Il prévoyait la dissolution des institutions contrôlées par le TPLF. Une administration intérimaire avait alors été mise en place. Cependant, plusieurs points de l’accord restent non appliqués. Les tensions persistent entre le Tigré et le pouvoir central. Selon Kjetil Tronvoll, la situation est “extrêmement inquiétante”. Il évoque un risque d’affrontements ou de négociations. Cette initiative pourrait servir de levier politique. Le Tigré chercherait à obtenir un statut plus autonome.
Risques de reprise du conflit armé
La guerre entre 2020 et 2022 a été dévastatrice. Elle a causé environ 600 000 morts, selon des estimations. Aujourd’hui, la région reste économiquement très fragile. Des centaines de milliers de personnes sont toujours déplacées. Le gouvernement accuse aussi des ingérences extérieures. Il évoque un soutien présumé du Soudan. Ces accusations sont rejetées par les autorités soudanaises. Selon Abel Abate Demissie, le risque est élevé. Il alerte sur une possible reprise du conflit. Cette relance du parlement marque une phase d’incertitude. Elle pourrait remettre en cause les acquis de la paix. L’Éthiopie retient son souffle.
Aristide HAZOUME