Le président Cyril Ramaphosa a inauguré mercredi à Pretoria la plateforme FuturePHARMA du CSIR. Ce centre d’innovation ouvert veut réduire la dépendance aux importations de principes actifs, qui atteint 98 %. Il doit aussi renforcer la préparation aux futures pandémies.
L’Afrique du Sud a lancé mercredi 7 octobre la plateforme FuturePHARMA sur le campus du CSIR à Pretoria. Le président Cyril Ramaphosa a inauguré cette installation de recherche pharmaceutique. Elle vise à combler le fossé entre la recherche en laboratoire et la production industrielle. « C’est un jalon dans notre chemin vers la souveraineté sanitaire », a déclaré le chef de l’État. La pandémie de Covid-19 a montré la vulnérabilité du continent. L’Afrique se trouvait en fin de file pour l’accès aux vaccins importés.
Un pont entre laboratoire et industrie
FuturePHARMA est une plateforme d’innovation ouverte. Elle donne accès à des infrastructures spécialisées souvent trop coûteuses. Chercheurs, universités et entreprises peuvent y développer leurs procédés. Le Dr Rachel Chikwamba, du CSIR, a rappelé un chiffre clé. Environ 98 % des principes actifs pharmaceutiques sont importés. « Notre handicap est de convertir nos résultats scientifiques en produits commercialisables », a-t-elle expliqué. La plateforme travaille sur les principes actifs des médicaments. Elle cible les vaccins, antalgiques, antiviraux et traitements chroniques. Le paludisme, la tuberculose, le VIH et le diabète figurent parmi les priorités.
Un modèle ouvert et collaboratif
Le président Ramaphosa a précisé la nature du projet. FuturePHARMA « ne doit pas être considérée comme une usine pharmaceutique commerciale conventionnelle ». Les projets devront suivre les parcours cliniques et réglementaires. Le gouvernement veut articuler cet outil avec les fabricants établis comme Biovac. FuturePHARMA ouvrira aussi ses portes aux chercheurs d’autres pays africains. Plusieurs partenaires ont soutenu le projet : le Trésor national, la Fondation Gates et la GIZ.
Aristide HAZOUME