Ancien chef d’état-major, Gadi Eisenkot devance le Premier ministre dans les sondages. Sa popularité, portée par son profil sécuritaire et son deuil national, bouleverse la campagne des législatives du 27 octobre.
Gadi Eisenkot, 66 ans, est le nouveau rival de Benyamin Netanyahu. Issu d’un milieu populaire, fils d’immigrés marocains, il incarne un « second Israël » face à l’élite ashkénaze du Premier ministre . Sa carrière militaire de quatre décennies lui confère une légitimité réelle aux yeux des électeurs . Il est perçu comme un « faucon » en matière de sécurité, un atout majeur alors qu’Israël est engagé sur plusieurs fronts .
Un rival en tête des sondages et un adversaire de la méthode Netanyahu
Sa formation centriste, Yashar (« droit » ou « intègre »), est créditée de 23 à 24 sièges dans les derniers sondages, devant le Likoud de Netanyahu . Il devance également le Premier ministre sur sa capacité à diriger le pays . Eisenkot critique l’absence de stratégie de Netanyahu dans la guerre à Gaza et lui reproche de diviser la société . Il promet une commission d’enquête indépendante sur les défaillances du 7-Octobre .
Un programme sécuritaire et une fracture nationale
Eisenkot prône un « service national universel » intégrant les ultra-orthodoxes et les Arabes israéliens . Il rejette la solution à deux États et soutient la colonisation en Cisjordanie . Il a perdu son fils et deux neveux à Gaza, un drame qui renforce son capital sympathie . Sa popularité interroge sur l’avenir politique israélien, alors que la question palestinienne est absente des débats .
Aristide HAZOUME