Aliko Dangote a posé mercredi la première pierre d’une raffinerie à Lamu. Le projet de 16 milliards de dollars doit produire 700 000 barils par jour. Des ONG dénoncent des risques environnementaux.
Aliko Dangote a lancé mercredi 30 septembre 2026 les travaux de sa mégaraffinerie à Lamu. Le site se situe près du port en eaux profondes de Lamu. Le coût est estimé à 16 milliards de dollars. La capacité atteindra 700 000 barils par jour. Il s’agira de la plus grande raffinerie d’Afrique de l’Est. Les travaux dureront 30 à 40 mois. L’achèvement est prévu en 2030. La cérémonie a réuni cinq chefs d’État africains. Le président kényan William Ruto a accueilli ses homologues ougandais, éthiopien, béninois et togolais. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo était présent. « Nous ne posons pas seulement la première pierre d’une raffinerie », a déclaré Aliko Dangote. « Nous posons celle d’un nouveau chapitre de l’histoire industrielle de l’Afrique ».
Réduire la dépendance aux importations
L’Afrique importe environ 70 % des carburants raffinés qu’elle consomme. Ce chiffre provient de l’Africa Finance Corporation. Le projet vise à réduire cette dépendance. Il doit aussi faire baisser les coûts des carburants en Afrique de l’Est. Dangote a proposé aux gouvernements régionaux une participation de 30 %. Le groupe exploite déjà une raffinerie à Lekki, au Nigeria. Sa capacité est de 650 000 barils par jour. Elle pourrait atteindre 1,4 million de barils d’ici 2028. Le projet doit créer 60 000 emplois. Une centrale de 1 000 mégawatts accompagnera le site.
Greenpeace Africa s’oppose au projet. L’ONG alerte sur les risques pour les mangroves, les récifs coralliens et les herbiers marins de Lamu. Elle demande la suspension des autorisations. Une étude d’impact indépendante est réclamée. Une procédure judiciaire est en cours. La Haute Cour a ordonné la préservation de certaines parties du site. Dangote a minimisé ces contestations.
Aristide HAZOUME