Les appels en faveur d’un troisième mandat du président Mohamed Ould Ghazouani suscitent une vive polémique. Tandis que des voix proches du pouvoir évoquent une possible révision de la Constitution, l’opposition, emmenée par Biram Dah Abeid, s’oppose catégoriquement à toute modification de la limitation des mandats, actuellement fixée à deux par la loi fondamentale.
En Mauritanie, le débat sur une éventuelle prolongation du mandat présidentiel s’intensifie. Des responsables locaux, notamment dans le département de Kiffa, ont récemment multiplié les appels publics en faveur d’un troisième mandat pour le chef de l’État, saluant ses réalisations en matière de sécurité et de développement économique .
L’opposition juge ces initiatives inacceptables. Biram Dah Abeid, arrivé deuxième à la présidentielle de 2024, a fermement rappelé que la Constitution limite strictement le nombre de mandats à deux . « Il a juré de respecter la Constitution. Allez-vous tenir ce serment ? », a-t-il interrogé, qualifiant ces manœuvres de tentative dangereuse de déstabilisation. Au sein de la majorité présidentielle, les positions sont plus nuancées. Abdallah Hormattalah n’exclut pas une réforme constitutionnelle, suggérant qu’une révision des règles pourrait être envisagée pour assurer la continuité de l’action gouvernementale. Le président Ghazouani, s’exprimant récemment, a évité de clarifier sa position tout en affirmant qu’il ne soutiendrait rien de contraire à la loi fondamentale .
Un verrou constitutionnel et un acquis démocratique
Selon des analyses juridiques, l’article 28 de la Constitution mauritanienne est explicite : le président n’est rééligible qu’une seule fois . L’opposition craint qu’une révision n’ouvre la voie à une « dérive autoritaire » comparable à celle observée chez d’autres pays de la région. Les militants anti-système considèrent la limitation des mandats comme un « verrou constitutionnel » à défendre jusqu’au bout.
Un dialogue national menacé par la polémique
Ce bras de fer politique compromet gravement le dialogue national que le pouvoir entendait lancer. La majorité craint qu’une crise constitutionnelle prolongée n’affecte la perception des partenaires étrangers, alors que le pays s’apprête à lancer de grands projets gaziers .
Aristide HAZOUME