Politique

Otan : Washington réduit fortement sa présence militaire en Europe

Les États-Unis prévoient une réduction significative de leur dispositif militaire en Europe, avec l’annonce du retrait de 5 000 soldats. Cette décision inquiète plusieurs alliés européens, à quelques jours d’une réunion stratégique de l’Otan organisée en Suède.

Washington prépare un désengagement militaire progressif

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, participe vendredi à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Otan en Suède. Les discussions porteront principalement sur l’avenir du dispositif militaire américain en Europe. Washington a confirmé cette semaine le retrait de 5 000 soldats stationnés sur le continent, une mesure qui représente environ 15 % des effectifs américains actuellement déployés en Allemagne. Le gouvernement américain envisagerait par ailleurs d’autres réductions dans plusieurs pays alliés, ce qui renforce les inquiétudes des partenaires européens. Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a évoqué la possibilité d’une révision du « modèle de force » de l’Alliance, qui définit les capacités militaires mobilisables en cas de crise majeure. Plusieurs États européens craignent une fragilisation du bouclier sécuritaire américain.

L’Europe redoute des capacités militaires insuffisantes

L’annonce du report du déploiement d’une brigade américaine vers la Pologne a accentué les tensions. Cette unité devait compter environ 4 000 soldats supplémentaires. Le général américain Alexus Grynkewich a toutefois assuré la continuité des plans de défense. Selon lui, environ 76 000 militaires américains resteront déployés en Europe. Malgré ces garanties, plusieurs gouvernements européens restent préoccupés. Les retards américains concernant certains armements missiles Tomahawk et Patriot notamment alimentent les doutes stratégiques, ces systèmes jouant un rôle majeur dans la défense aérienne européenne.

L’Allemagne et la Pologne réclament davantage de visibilité sur l’avenir de l’Alliance atlantique. Les responsables européens craignent des « trous capacitaires » difficiles à combler rapidement. Plusieurs capitales souhaitent accélérer leurs investissements militaires. La réunion en Suède pourrait ainsi redéfinir les équilibres sécuritaires européens. Les décisions américaines seront particulièrement observées par les alliés de l’Otan.

Aristide HAZOUME 

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