Politique

Pérou : Tensions persistantes autour du second tour présidentiel

Roberto Sánchez et Rafael López Aliaga se disputent toujours la qualification pour le second tour, prévu le 7 juin prochain. Le dépouillement du scrutin continue de susciter de fortes tensions.

Une présidentielle toujours sans résultat définitif

Selon les autorités électorales, plus de 99,48 % des bulletins ont été comptabilisés. Toutefois, plusieurs milliers de procès-verbaux restent encore contestés. Le candidat de gauche Roberto Sánchez conserve une très légère avance, avec environ 12 % des suffrages exprimés. Son rival ultraconservateur, Rafael López Aliaga, recueille près de 11,9 % des voix. L’écart entre les deux candidats reste extrêmement faible. Samedi, moins de 15 000 voix séparaient encore les deux prétendants, et environ 100 000 bulletins restaient à vérifier.

La candidate conservatrice Keiko Fujimori domine toujours le premier tour, totalisant plus de 17 % des suffrages nationaux. Face à cette situation tendue, Roberto Sánchez appelle ses électeurs à défendre les résultats, affirmant disposer d’une avance légitime et officielle. Rafael López Aliaga rejette cependant cette version des faits. Depuis plusieurs semaines, l’ancien maire de Lima dénonce de graves irrégularités électorales. Le dirigeant ultraconservateur évoque même un « coup d’État contre la démocratie » et menace de ne pas reconnaître les résultats définitifs.

Les autorités renforcent les contrôles électoraux

Le Jury national des élections a ordonné un contrôle informatique complet du scrutin. Cette vérification mobilise plusieurs experts nationaux et internationaux indépendants. Les autorités souhaitent renforcer la transparence et la crédibilité du processus électoral. Aucun délai précis n’a encore été annoncé pour la publication finale. Le premier tour du 12 avril avait déjà été marqué par d’importantes difficultés logistiques. Plus de 50 000 électeurs n’avaient pas pu voter normalement, ce qui avait conduit les autorités à prolonger exceptionnellement le scrutin d’une journée supplémentaire. Le dépouillement a également connu plusieurs incidents dans la capitale, notamment des caisses de bulletins retrouvées dans une benne à ordure.

Rafael López Aliaga réclame désormais un nouveau vote dans plusieurs secteurs de Lima, demande rejetée par les autorités électorales. La mission d’observation de l’Union européenne reconnaît de graves dysfonctionnements logistiques, mais affirme n’avoir trouvé aucune preuve concrète de fraude électorale. Plus de 27 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes lors de cette présidentielle. Le second tour reste officiellement fixé au 7 juin prochain.

Aristide HAZOUME

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