Monde

Ramadan en Tunisie : La hausse des prix sur le marché

Alors que le mois sacré du Ramadan devrait être synonyme de partage et de convivialité, les foyers tunisiens font face à une flambée des prix sans précédent. Entre envolée du prix des viandes et fruits devenus produits de luxe, le quotidien des consommateurs ressemble désormais à un véritable exercice d’équilibrisme financier. Cette année, l’inflation marque les esprits par des chiffres jamais vus.  La banane, dont le prix a atteint le seuil psychologique des 20 dinars le kilo (environ 6 €). Un tarif qui illustre le décalage croissant entre le pouvoir d’achat et le coût de la vie.

La viande rouge n’échappe pas à cette tendance. Alors que l’État avait fixé un prix officiel à 42 dinars, il faut aujourd’hui débourser 60 dinars (18 €) pour un kilo de viande bovine ou ovine. Pour les fruits et légumes, l’augmentation est de 17,7 % par rapport à l’année précédente, rendant les étals parfois inaccessibles.

Dans les points de vente directs du producteur au consommateur, comme celui ouvert à Tunis, l’ambiance est au calme. Ici, les prix sont plus bas, mais la prudence reste de mise. Jamila, une consommatrice rencontrée sur place, témoigne de ce changement de consommation « Avant, j’achetais de l’agneau pour recevoir des invités. Maintenant, je ne me le permets plus. Je n’achète plus de viande à stocker, je fais au jour le jour. »

Même pour les classes moyennes supérieures, le constat est amer. Mourad, bien que disposant d’un revenu confortable, a choisi de renoncer à certains produits : « Les fruits sont devenus un luxe. Quand c’est trop cher, je n’achète plus, tout simplement. » Face à cette situation, une nouvelle culture de résistance émerge . une campagne massive contre le marché aux poissons a forcé les commerçants à revoir leurs tarifs à la baisse. Pour Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC), cette méthode est la seule issue immédiate : « Le boycott doit devenir une culture. C’est l’arme efficace quand l’augmentation est déraisonnable. »

L’économiste Ridha Chkoundali souligne un paradoxe : si l’inflation globale semble stable autour de 5 %, l’inflation alimentaire, elle, explose. Puisque la nourriture représente la part la plus importante du budget des ménages, ce décalage renforce le sentiment d’appauvrissement généralisé. Enfin, l’inquiétude se déplace déjà vers la fin du mois saint. Avec des vêtements pour l’Aïd importés à 80 % de Turquie et de Chine, les prix de l’habillement promettent d’ajouter une pression supplémentaire sur des budgets déjà à bout de souffle.

Secondine GOZINGAN

Vous aimerez peut-être aussi

Monde Société

États-Unis : Deux fusillades secouent le Michigan et la Virginie.

Le 12 mars 2026 restera marqué par une vague de violence sur le sol américain. Une attaque ciblée contre la
Monde Sécurité

DIPLOMATIE : Le Rwanda menace de retirer ses troupes du Mozambique

Kigali durcit le ton. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, le Rwanda a clairement averti