Politique

UE : La réforme de la diplomatie divise Paris et Berlin

Kaja Kallas dirige la diplomatie européenne depuis décembre 2024. Un débat s’intensifie désormais sur la réforme de son service.

Le Service européen pour l’action extérieure a été créé il y a quinze ans. Son budget annuel avoisine aujourd’hui un milliard d’euros. Plusieurs capitales le jugent insuffisant face aux défis géopolitiques actuels. Le SEAE ne contrôle pas les questions commerciales, gérées par la Commission. France et Allemagne explorent désormais plusieurs scénarios de réforme. Un document préparatoire circule depuis plusieurs jours selon le Financial Times. L’une des options envisagées limiterait fortement les prérogatives de Kaja Kallas. Certains responsables évoquent même un possible démantèlement du service. L’objectif affiché reste d’accélérer la réponse européenne aux crises internationales. Kaja Kallas porte le double titre de HR-VP. Elle est haute représentante et vice-présidente de la Commission simultanément.

Des critiques croissantes visant directement Kaja Kallas

Le franc-parler de la cheffe de la diplomatie suscite des réserves. Sa comparaison entre la situation palestinienne et l’apartheid a divisé. Plusieurs des vingt-sept capitales ne partagent pas cette analyse. Ses relations avec Ursula von der Leyen restent réputées compliquées. La présidente de la Commission a renforcé son rôle géopolitique personnel. Elle a créé une direction dédiée au Proche-Orient et au Golfe. Cette évolution empiète sur les prérogatives historiques du SEAE. La proposition franco-allemande initiale s’est finalement révélée peu consensuelle. L’Allemagne souhaite rattacher Kallas directement à la Commission européenne. La France préfère au contraire rapprocher le SEAE du Conseil. Les vingt-sept capitales resteraient ainsi davantage impliquées dans les décisions.

Aristide HAZUOUME

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