L’ancien pilier de Meta franchit une étape historique. Sa start-up, AMI, vient d’annoncer un tour de table record pour développer une intelligence artificielle capable de comprendre le monde physique, marquant une rupture nette avec les modèles de langage actuels.
C’est une annonce qui secoue l’écosystème de la French Tech. Ce mardi 10 mars, la start-up AMI, cofondée par le Français Yann LeCun, a officialisé une levée de fonds de 890 millions d’euros. Déjà valorisée à trois milliards d’euros avant l’opération, l’entreprise bénéficie du soutien de poids lourds de l’industrie : les géants Toyota, Nvidia et Samsung igurent au tour de table. À leurs côtés, des investisseurs de renom comme Jeff Bezos (Amazon) et Eric Schmidt (ex-Google) confirment l’attractivité du projet.
Pour Yann LeCun, prix Turing 2018 et figure historique de l’apprentissage profond (deep learning) cette nouvelle page post-Meta est celle d’une rupture technologique. Le chercheur s’érige en voix discordante face à l’hégémonie de l’IA générative textuelle .Son ambition ? Dépasser les limites des grands modèles de langage (LLM) comme ChatGPT pour bâtir une IA dotée d’un « modèle de monde ». Contrairement aux agents conversationnels, cette technologie doit permettre aux machines de raisonner à partir de données sensorielles et physiques pour appréhender la réalité concrète
Accompagné de cinq cofondateurs, l’ingénieur place AMI dans la continuité de ses travaux sur l’architecture JEPA initiés chez Meta, mais à une échelle industrielle supérieure Plusieurs domaine sont visés ; il s’agit de l’Industrie lourde : simulation de moteurs d’avion ou de centrales électriques ; santé : modélisation prédictive d’organes de patients et robotique : accélération de la conduite autonome et des systèmes intelligents universels d’ici trois à cinq ans
Sur le plan de l’organisation, Yann LeCun, par ailleurs professeur à l’Université de New York, assure la présidence non exécutive d’AMI. La direction générale est confiée à Alexandre Lebrun, figure reconnue du tec français et ancien dirigeant de la start-up de santé Nabla. Interrogé sur les risques de ces nouveaux systèmes, Yann LeCun a tenu à souligner que l’arbitrage éthique ne relevait pas des ingénieurs : « C’est à la société et à ses institutions démocratiques de décider de la meilleure utilisation de l’IA. »
Secondine GOZINGAN