La Côte d’Ivoire a supprimé le visa douanier avec le Mali et le Burkina Faso le 11 avril dernier. Cette décision vise à accélérer les échanges commerciaux régionaux en simplifiant les formalités de transit aux postes frontaliers de Laléraba et Pogo.
Jusqu’ici, les procédures douanières pouvaient durer une à deux semaines. Avec la réforme, ces délais devraient fortement diminuer. Les transporteurs gagnent du temps aux frontières nord, où les contrôles étaient particulièrement longs.
Une logistique plus rapide et moins coûteuse
Par ailleurs, la dématérialisation des documents renforce cette réforme. Les opérations deviennent plus rapides et plus transparentes. Les coûts logistiques devraient progressivement baisser. Ainsi, les frais de stationnement diminuent sensiblement. Les pratiques informelles aux barrages devraient reculer. Le transport devient plus fluide sur les corridors régionaux.
En outre, les experts évoquent un changement structurel majeur. La suppression du visa marque une nouvelle approche douanière. Les États privilégient désormais la confiance et les données partagées. Dès lors, les contrôles physiques devraient être réduits. La coopération douanière se renforce entre les trois pays. L’intégration économique régionale s’en trouve facilitée.
Des échanges commerciaux en pleine expansion
Selon les autorités ivoiriennes, le gain de temps est notable. Les transporteurs économisent entre 24 et 48 heures, ce qui améliore la compétitivité des produits locaux. En 2024, le Mali confirme son rôle de partenaire stratégique : il représente près de 8 % des exportations ivoiriennes, pour une valeur d’environ 1,5 milliard de dollars. Les produits pétroliers dominent ces échanges bilatéraux et constituent l’essentiel des flux commerciaux entre les deux pays.
Avec le Burkina Faso, les échanges restent déséquilibrés. Les exportations ivoiriennes atteignent environ 800 millions de dollars, tandis que les importations burkinabè avoisinent 170 millions de dollars. Les produits ivoiriens incluent le pétrole raffiné et l’huile de palme, alors que le Burkina exporte surtout le coton brut et des produits agricoles. Enfin, cette réforme devrait dynamiser les corridors commerciaux régionaux, renforcer l’attractivité du port d’Abidjan et consolider le rôle régional de la Côte d’Ivoire.
Aristide HAZOUME