Le Pérou connaît enfin les résultats officiels du premier tour présidentiel. Keiko Fujimori affrontera Roberto Sanchez lors d’un second tour décisif, qui s’annonce particulièrement tendu.
L’autorité électorale péruvienne a officialisé dimanche les résultats du scrutin présidentiel. Le second tour opposera Keiko Fujimori à Roberto Sanchez, et le vote décisif se déroulera le 7 juin prochain. Les résultats officiels ont été publiés après plusieurs semaines de contestations. Keiko Fujimori arrive en tête avec environ 17 % des suffrages exprimés. Roberto Sanchez obtient près de 12 % des voix nationales, devançant de justesse l’ancien maire de Lima, Rafael Lopez Aliaga. Ce dernier dénonce une fraude électorale massive, mais les observateurs internationaux n’ont trouvé aucune preuve de manipulation. L’Union européenne a pour sa part validé le déroulement général du scrutin.
Deux visions opposées pour l’avenir du Pérou
Keiko Fujimori représente la droite conservatrice et sécuritaire. Elle tente une quatrième conquête de la présidence, mais reste marquée par l’héritage controversé de son père, Alberto Fujimori, ancien président condamné pour crimes contre l’humanité. Roberto Sanchez, candidat de gauche, s’appuie principalement sur les régions rurales andines du sud. Il se présente comme l’héritier politique de Pedro Castillo, l’ancien chef d’État qui purge actuellement une peine de prison pour rébellion. Sanchez promet sa libération en cas de victoire présidentielle. Cette campagne illustre la fracture profonde entre Lima et les régions rurales. Les questions sociales dominent désormais les débats électoraux nationaux.
Une présidentielle sous tension politique permanente
Le Pérou traverse une grave crise politique depuis plusieurs années. Le pays a connu huit présidents depuis 2016, dont plusieurs ont été destitués ou poussés à la démission. Les scandales de corruption fragilisent durablement les institutions, tandis que le crime organisé et l’insécurité préoccupent fortement les électeurs. Le premier tour avait connu des retards logistiques à Lima, certaines opérations électorales ayant été prolongées exceptionnellement jusqu’au lendemain. Les autorités veulent désormais éviter toute nouvelle contestation avant le second tour, qui s’annonce particulièrement serré et polarisé. Les deux candidats divisent profondément la société péruvienne.
Aristide HAZOUME