Politique

Les ex-FARC défendent l’accord de paix historique

Les anciens dirigeants des FARC appellent solennellement au respect de l’accord de paix signé en 2016, après les vives critiques émises par le président élu Abelardo de la Espriella. Ce dernier, qui entend revoir les mécanismes de justice transitionnelle, suscite une vive inquiétude chez les signataires du processus.

Des tensions autour de l’accord de paix de 2016

L’avenir de l’accord de paix conclu avec les ex-FARC suscite de vives tensions en Colombie. Le président élu Abelardo de la Espriella, issu de la droite radicale, qui prendra ses fonctions le 7 août prochain, multiplie les critiques à l’encontre du processus de 2016, accusant les anciens guérilleros de crimes graves.

Mardi 14 juillet, il a directement visé Rodrigo Londoño, alias Timochenko, ex-chef des FARC, en réclamant une peine plus sévère. Ce dernier a été condamné en 2025 à huit ans de travaux d’intérêt général par la Juridiction spéciale pour la paix (JEP), après avoir reconnu sa responsabilité dans des milliers d’enlèvements. Cette institution, clef de voûte de la justice transitionnelle, est précisément la cible des attaques du futur président, qui estime ce système trop favorable aux ex-rebelles au détriment des victimes et des militaires poursuivis.

Les anciens chefs rebelles appellent au dialogue

Face à ces offensives, sept anciens dirigeants des FARC dont Rodrigo Londoño, Pastor Alape, Pablo Catatumbo et Julián Gallo ont publié une lettre commune. Ils y réaffirment leur engagement indéfectible envers l’accord et exigent de l’État qu’il honore ses propres engagements. « Le dialogue est essentiel pour construire la paix », a martelé Londoño, appelant à bannir les discours de haine.

Abelardo de la Espriella souhaite également supprimer la JEP et mettre fin aux négociations avec les dissidences armées, promettant une politique sécuritaire plus musclée contre les groupes liés au narcotrafic. Ces positions, qui inquiètent les défenseurs du processus de paix, ravivent le débat sur l’accord de 2016, pierre angulaire de la sortie d’un conflit armé de plus de cinquante ans.

Aristide HAZOUME

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