L’Ebola paralyse les échanges entre la RDC et le Rwanda
La fermeture des frontières rwandaises provoque une grave crise économique à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo. En effet, Kigali a renforcé les restrictions sanitaires après l’apparition d’une nouvelle flambée d’Ebola en RDC. Par conséquent, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) alerte désormais sur un risque de propagation régionale rapide.
Des restrictions sanitaires strictes à la frontière
Les autorités rwandaises refusent désormais l’entrée aux voyageurs étrangers venant de RDC. Cette mesure concerne également les personnes ayant transité récemment par le territoire congolais. En revanche, les citoyens rwandais et certains résidents restent autorisés à entrer, mais sous conditions sanitaires strictes. Ainsi, des mesures de quarantaine obligatoire ont été instaurées aux principaux postes frontaliers.
À Bukavu, les activités commerciales ralentissent fortement depuis la fermeture des frontières. De fait, les commerçants dénoncent une chute brutale de leurs revenus quotidiens. Par exemple, Jeanne Cikuru Sifa, commerçante transfrontalière, évoque une aggravation rapide de la précarité alimentaire. Elle explique que plusieurs habitants dépendent fortement des échanges économiques avec le Rwanda voisin. De même, Albert Mweze affirme que les banques rwandaises facilitaient auparavant l’accès aux devises étrangères. Aujourd’hui, les opérations financières restent fortement perturbées dans plusieurs quartiers de Bukavu.
L’OMS redoute une propagation régionale accélérée
Depuis la mi-mai, plusieurs décès liés au virus Ebola ont été confirmés en RDC. En outre, l’OMS recense des centaines de cas suspects supplémentaires. Cependant, l’organisation souligne un retard important dans la détection de l’épidémie actuelle. Face à cette situation, les autorités sanitaires tentent désormais d’accélérer les opérations médicales sur le terrain. Par ailleurs, l’OMS estime que les pays voisins restent particulièrement exposés à la propagation du virus. C’est pourquoi le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus appelle à des mesures immédiates.
Un autre défi majeur : l’OMS confirme l’absence actuelle de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo. Néanmoins, des essais cliniques accélérés sont désormais en préparation avec les autorités congolaises. Il faut également noter que les provinces orientales congolaises restent marquées par l’insécurité et les conflits armés. Cette situation complique fortement les opérations sanitaires et humanitaires. À titre d’illustration, plusieurs incidents violents ont récemment visé des structures médicales dans l’est congolais. De plus, des habitants dénoncent certaines mesures sanitaires imposées durant les enterrements.
Aristide HAZOUME





