La Haute Cour constitutionnelle malgache a déclaré irrecevable la requête en destitution déposée contre le président Michaël Randrianirina. L’opposition accusait le chef de l’État de violations répétées de la Constitution, mais les juges ont estimé le dossier juridiquement insuffisant. Le pays reste engagé dans une transition politique prévue jusqu’en 2027.
Une procédure de destitution jugée irrecevable
La Haute Cour constitutionnelle de Madagascar a rendu sa décision jeudi à Antananarivo. Saisie par le député d’opposition Antoine Rajerison, elle a rejeté la demande de destitution visant le colonel Michaël Randrianirina, président de la République depuis octobre 2025. L’élu accusait le chef de l’État de « trahison constitutionnelle », pointant plusieurs nominations jugées contraires à la loi fondamentale ainsi que des décisions gouvernementales violant selon lui les règles institutionnelles. Mais la juridiction a déclaré la requête « irrecevable ». Motif : le non-respect des conditions constitutionnelles requises pour engager une telle procédure. Les juges ont estimé que le dossier présenté restait juridiquement insuffisant. Aucune procédure de destitution ne sera donc ouverte à ce stade.
Une transition politique maintenue jusqu’en 2027
Le colonel Michaël Randrianirina a pris la tête de Madagascar après le départ d’Andry Rajoelina. Il dirige le pays dans le cadre d’une transition politique encadrée par une feuille de route, qui doit durer jusqu’à l’élection présidentielle prévue fin 2027. Les autorités malgaches promettent l’adoption d’une nouvelle Constitution d’ici là, ainsi que plusieurs réformes politiques destinées à restaurer progressivement la stabilité institutionnelle. L’opposition, bien que déboutée par la Haute Cour, continue de réclamer davantage de garanties démocratiques et une meilleure transparence dans les décisions gouvernementales.
Cette affaire intervient dans un climat politique encore marqué par les tensions. Le rejet de la demande de destitution pourrait temporairement apaiser les débats internes. Les autorités appellent désormais au respect du processus constitutionnel en cours. Madagascar cherche à consolider ses institutions nationales, alors que l’avenir politique du pays demeure suspendu aux échéances de 2027.
Aristide HAZOUME