Politique

Afrique du Sud : Ramaphosa durcit sa politique migratoire

Face à la recrudescence des tensions liées à l’immigration irrégulière, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé un train de mesures restrictives. Renforcement des expulsions, sécurisation accrue des frontières et lutte contre les violences xénophobes : le chef de l’État entend répondre à la fois aux craintes de la population et aux attaques visant les ressortissants étrangers.

Pretoria durcit sa réponse à l’immigration illégale

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a dévoilé un durcissement de la politique migratoire du pays, après plusieurs semaines de manifestations anti-immigrés et d’incidents xénophobes signalés dans diverses régions. Lors d’une allocution télévisée, le chef de l’État a reconnu les inquiétudes exprimées par de nombreux citoyens, notamment sur les questions d’emploi, de sécurité et d’accès aux services publics. Il a affirmé que ces préoccupations légitimes devaient être prises en compte.

Selon la présidence sud-africaine, plus de 450 000 personnes ont été interceptées aux frontières au cours des douze derniers mois alors qu’elles tentaient d’entrer illégalement dans le pays. Les autorités affirment également avoir expulsé plus de 100 000 migrants en situation irrégulière durant les deux dernières années. Le gouvernement prévoit de renforcer les contrôles frontaliers grâce à de nouvelles technologies, un personnel plus nombreux et des procédures accélérées pour le traitement des dossiers migratoires. Des tribunaux spécialisés devraient par ailleurs être créés pour faciliter les expulsions.

Appel à l’unité face aux violences xénophobes

Cyril Ramaphosa a rappelé que l’application des lois migratoires relève exclusivement des autorités compétentes, mettant en garde contre toute forme de justice populaire et condamnant fermement les violences visant les étrangers. Ces dernières semaines, plusieurs pays africains ont déploré des agressions contre leurs ressortissants. Le Mozambique a notamment signalé la mort de cinq de ses citoyens lors d’attaques survenues à Mossel Bay. Le Ghana, quant à lui, a organisé le rapatriement de centaines de ses ressortissants.

Première économie d’Afrique australe, l’Afrique du Sud reste une destination majeure pour les migrants du continent. Le gouvernement assure vouloir concilier fermeté migratoire, respect des droits humains et stabilité sociale. En conclusion, Cyril Ramaphosa a appelé les Sud-Africains à préserver l’unité nationale, malgré les tensions actuelles.

Aristide HAZOUME 

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