Politique

Hongrie : L’Office de la souveraineté définitivement supprimé

Le Parlement hongrois a adopté, mardi 30 juin 2026, la suppression de l’Office pour la protection de la souveraineté nationale. Créé sous Viktor Orban, cet organisme était accusé de cibler les médias indépendants et les organisations de la société civile. Cette décision, portée par le gouvernement de Péter Magyar, marque une nouvelle rupture avec l’héritage de l’ancien régime et un rapprochement avec les standards européens.

Le Parlement enterre un organisme contesté

La majorité du Premier ministre Péter Magyar poursuit son vaste chantier de réformes institutionnelles. Mardi, les députés ont voté la disparition de l’Office pour la protection de la souveraineté nationale, créé en 2024 pour appliquer la loi éponyme. Cette législation, qui avait suscité un tollé en Hongrie comme à Bruxelles, avait valu à Budapest une procédure d’infraction toujours en cours. La Commission européenne estimait qu’elle menaçait les libertés fondamentales, en particulier la liberté d’expression et d’association.

Avant le scrutin, le ministre des Sciences et de la Technologie, Zoltan Tanacs, a dressé un bilan accablant de l’institution. Selon lui, l’Office s’est essentiellement employé à museler les voix critiques du gouvernement précédent, plutôt qu’à protéger la souveraineté nationale.

Des journalistes et ONG régulièrement pris pour cibles

Doté d’un budget annuel de 17 millions d’euros, l’Office surveillait de près les médias indépendants et de nombreuses organisations non gouvernementales. Ces dernières recevaient des demandes administratives répétées, des procédures qui, selon leurs responsables, paralysaient une partie de leurs activités. L’institution était également accusée de qualifier certains journalistes et militants d’« agents de l’étranger », une pratique rappelant les dispositifs utilisés en Russie. Les organisations visées affirmaient que cette stratégie visait à dissuader les donateurs et à tarir leurs sources de financement.

Par ailleurs, sous couvert de défense de la souveraineté, l’Office avait constitué des dossiers sur des citoyens et diverses associations, alimentant un climat de défiance généralisé.

Une fermeture qui tourne la page Orban

Le gouvernement a annoncé que les archives de l’Office seront transférées au ministère de la Justice avant la fermeture définitive de l’organisme. Cette suppression constitue un nouveau signe fort de la volonté de Péter Magyar de rompre avec l’héritage politique de Viktor Orban. En alignant la Hongrie sur les standards européens en matière d’État de droit et de libertés publiques, l’exécutif répond également aux attentes exprimées par plusieurs institutions européennes depuis l’adoption de la loi en 2024.

Pour les ONG et les médias indépendants, cette décision est accueillie avec soulagement, même si beaucoup restent vigilants quant à la mise en œuvre effective des réformes annoncées.

Aristide HAZOUME 

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