Politique

Népal : Deux anciens ministres condamnés pour fraude migratoire

La justice népalaise a condamné deux anciens ministres pour leur implication dans une vaste fraude liée à un faux programme de réinstallation de réfugiés. Mais, les accusés ont soutiré des sommes importantes à des citoyens en leur promettant un départ vers l’étranger. Quatorze autres personnes ont également été sanctionnées dans cette affaire.

Des responsables politiques lourdement sanctionnés

Le tribunal de district de Katmandou a rendu ses verdicts ce mercredi 15 juillet 2026. Il  a annoncé un responsable judiciaire. L’ancien vice-Premier ministre Top Bahadur Rayamajhi a été condamné à quatre ans de prison et à une amende de 40 000 roupies népalaises (environ 280 euros). Son ancien collègue, Bal Krishna Khand, ex-ministre de l’Intérieur, a écopé de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 20 000 roupies.

Rayamajhi a été reconnu coupable de fraude, de crime organisé et d’atteinte à l’État, tandis que Khand a été condamné pour complicité. Au total, quatorze autres prévenus ont également été déclarés coupables pour leur participation à ce réseau d’escroquerie.

Un système frauduleux ciblant des citoyens vulnérables

Selon l’enquête, les responsables promettaient à des Népalais une réinstallation dans des pays étrangers États-Unis, Europe ou Australie en les faisant passer pour des bénéficiaires d’un programme destiné aux réfugiés. Contre cette promesse, les victimes versaient des sommes d’argent souvent équivalentes à plusieurs années de salaire. Les médias locaux rapportent que plusieurs centaines de personnes auraient été trompées, perdant leurs économies sans jamais obtenir de départ.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte particulier : l’histoire des réfugiés bhoutanais d’origine népalaise, les Lhotsampas. Dans les années 1990, plus de 100 000 d’entre eux ont quitté le Bhoutan sous la pression de restrictions politiques et culturelles, trouvant refuge dans des camps au Népal. Entre 2007 et 2018, un programme international a permis la réinstallation de ces véritables réfugiés vers plusieurs pays tiers. Après la clôture de ce dispositif, des réseaux frauduleux ont exploité les espoirs de départ en faisant miroiter de faux programmes de réinstallation.

Une condamnation qui marque la lutte contre la corruption

Ces condamnations constituent une avancée notable dans la lutte contre les fraudes migratoires au Népal, un pays où les trafics d’êtres humains et les escroqueries liées à l’émigration sont fréquents. Les autorités judiciaires ont affirmé leur détermination à poursuivre les réseaux impliqués dans ces pratiques, qui prospèrent souvent sur la vulnérabilité économique et le désir d’exil des populations.

Aristide HAZOUME

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