Le Premier ministre Andy Burnham propose un changement historique. Il veut un texte unique pour codifier les règles du pouvoir. Une profonde décentralisation pourrait en être le socle. Cette réforme répondrait à des siècles de tradition basée sur la Common Law.
Le Royaume-Uni est l’une des rares grandes démocraties sans Constitution écrite . Le pays fonctionne sur un système de précédents, de lois et de conventions. Andy Burnham, arrivé à Downing Street il y a deux semaines, souhaite changer cela. Le Premier ministre lie cette réforme à son ambitieux programme de décentralisation. “Nos arrangements constitutionnels non écrits ont eu pour effet d’accumuler le pouvoir entre un petit nombre de mains” , a-t-il déclaré. Il estime que le Royaume-Uni est trop centralisé autour de Londres. Selon lui, cette concentration des pouvoirs aggrave les inégalités.
Burnham défend ce projet depuis son mandat de maire de Manchester. Il l’avait détaillé dans son livre “Head North” en 2024 . Il s’inspire notamment du modèle allemand. Ce modèle garantit des “conditions de vie équivalentes” dans toutes les régions .
Un nouveau modèle de gouvernance
La décentralisation proposée changerait profondément la gouvernance du pays. D’ici 2028, les maires régionaux pourraient conserver une partie de l’impôt sur le revenu local . “La Grande-Bretagne change à travers cela, l’Angleterre change à travers cela” , a insisté le Premier ministre. Il veut que la “bonne croissance dans chaque code postal” devienne plus qu’un slogan .
Un processus long et complexe
L’instauration d’une Constitution serait un chantier immense. Historiquement, de tels textes voient le jour après des guerres ou des révolutions. Tim Bale, professeur de sciences politiques, évoque un possible “frein” au pouvoir du Parlement . Le processus pourrait prendre plusieurs années . Un débat parlementaire approfondi et une enquête publique seraient probablement nécessaires . Rien que l’idée marque une rupture avec des siècles de tradition constitutionnelle britannique.
Aristide HAZOUME