Royaume-Uni : Le gouvernement ébranlé par de graves failles de sécurité
Le gouvernement britannique est confronté à deux graves incidents sécuritaires en l’espace de quarante-huit heures. Les numéros personnels de trois ministres, dont celui de la Défense, ont été exposés sur Internet. Par ailleurs, le Premier ministre Andy Burnham a reconnu avoir échangé des messages avec un imposteur se faisant passer pour la cheffe de cabinet de Donald Trump. L’opposition réclame une enquête parlementaire.
Les numéros privés de trois ministres accessibles en ligne
Le numéro de portable personnel du ministre de la Défense, Wes Streeting, a été retrouvé publiquement sur Internet. Les numéros du garde des Sceaux et du ministre pour l’Irlande du Nord ont également fuité. Ces informations ont été publiées en lien direct avec leurs noms. Le numéro de Wes Streeting a depuis été retiré du domaine public. Les autorités s’efforcent de supprimer les deux autres.
Une source gouvernementale a indiqué que le ministre utilise un téléphone dédié aux affaires officielles pour tout contact professionnel. Cette exposition expose les ministres à des risques d’usurpation d’identité. Des malfaiteurs pourraient utiliser la technique du « spoofing » pour se faire passer pour eux. Aucun acte malveillant n’a toutefois été signalé à ce stade.
Le Premier ministre piégé par un faux émissaire de Trump
Lundi, le site Politico a révélé une autre affaire embarrassante. Andy Burnham a échangé des messages avec une personne se présentant comme Susie Wiles. Cette dernière est la cheffe de cabinet du président américain.
Le Premier ministre a fini par douter et a rompu le contact. Il a déclaré mardi ne pas ressentir « de gêne » face à cet incident. Il a précisé que les échanges étaient « très limités et sans aucune substance ». Il assure avoir signalé l’affaire dès qu’il a eu un doute. L’ambassade britannique à Washington a pris l’affaire très au sérieux. Elle a immédiatement informé la Maison-Blanche de cette tentative d’imposture.
L’opposition exige des comptes et une enquête
Le député libéral-démocrate James MacCleary a saisi le comité parlementaire du Renseignement. Il dénonce une « faille de sécurité dangereuse » et demande une enquête approfondie. Il estime que la sécurité des communications du chef du gouvernement devrait être une priorité absolue.
Des experts en sécurité évoquent des liens possibles avec des services étrangers. Les activités d’imposture sont souvent attribuées à l’Iran, à la Chine ou à la Russie. Susie Wiles elle-même avait été ciblée par les gardiens de la révolution iraniens en 2024.
Ces incidents ne sont pas isolés. En 2024, le chef de la diplomatie David Cameron avait été dupé par un faux Petro Porochenko. En 2022, le ministre de la Défense Ben Wallace et la ministre de l’Intérieur Priti Patel étaient déjà tombés dans le piège d’un faux Premier ministre ukrainien.
Aristide HAZOUME





