Figure du féminisme et première ministre des Droits de la femme, Yvette Roudy est décédée à 97 ans. Son héritage législatif reste majeur.
Yvette Roudy s’est éteinte ce mardi 18 août à Cabestany (Pyrénées-Orientales). Elle résidait depuis trois ans dans une maison médicalisée. Son neveu, Jean-Pierre Saldou, a confirmé l’information à l’AFP. Nommée en 1981 par Pierre Mauroy, elle devient ministre. Son portefeuille est le premier véritable ministère des Droits de la femme. Son budget est alors dix fois supérieur à celui de 1974.
Son action transforme profondément la condition féminine. En 1982, elle fait voter le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale. En 1983, elle fait adopter la loi sur l’égalité professionnelle. Cette loi interdit toute discrimination liée au sexe au travail. Elle officialise également le 8 mars comme journée des droits des femmes.
Féminisation et parcours militant
En 1984, elle crée une commission pour féminiser les noms de métiers. Cette mesure marque durablement la langue française. Née en 1929 à Pessac, elle débute comme dactylographe. Elle milite dès 1964 et signe le « Manifeste des 343 » en 1971. Élue députée européenne en 1979, elle fonde la commission des droits des femmes au Parlement.
Un engagement local et national
Après 1986, elle devient députée du Calvados jusqu’en 2002. Elle est également maire de Lisieux de 1989 à 2001. Sur place, elle favorise l’accès des femmes à l’emploi et à la culture. De nombreuses réactions saluent son parcours. François Hollande loue une « femme de convictions et de combats ». Laurence Rossignol résume son œuvre avec force : « Le remboursement de l’IVG, c’est elle, la féminisation des noms de métiers, c’est elle, l’égalité professionnelle, c’est elle ».
Aristide HAZOUME