Depuis trois semaines, les hélicoptères du Samu ne se posent plus de nuit à l’hôpital de Hautepierre. La faute aux drones qui livrent illégalement la prison voisine. Un retard de 30 minutes qui peut coûter une vie.
La sécurité des patients du CHU de Strasbourg est menacée. Depuis la mi-juillet, les hélicoptères de la Sécurité civile et du Samu n’atterrissent plus la nuit à Hautepierre. Ils craignent une collision avec des drones. Ces engins effectuent des livraisons illégales à destination de la maison d’arrêt de l’Elsau, située à 4 kilomètres. Les hélicoptères se rabattent sur le Nouvel hôpital civil. Ce détour allonge le transport des patients de 30 à 40 minutes. « 30 minutes peuvent changer les choses », alerte le Pr Julien Pottecher, chef du pôle anesthésie-réanimation. Il évoque un risque « vital ou fonctionnel » pour les cas graves.
19 survols et deux patients déjà détournés
Depuis avril, 19 drones ont été signalés au-dessus de l’hélistation. L’hôpital a déposé plainte à chaque fois. Deux patients ont déjà été déviés vers le centre-ville. Leur santé n’a pas souffert, mais l’alerte est maximale. Mardi, deux jeunes de 18 et 19 ans ont été condamnés. Ils ont tenté de livrer des stupéfiants et du tabac par drone. Le procureur a dénoncé un « risque pour les personnes ».
Une solution urgente attendue cette semaine
Le responsable sécurité des HUS, Jérôme Coulon, annonce une réunion en préfecture. « Les solutions, il faut qu’on les ait rapidement », insiste-t-il. Le phénomène est national. En 2025, près de 5.000 tentatives de survol ont été recensées en prison. La prison de l’Elsau est équipée d’un dispositif anti-drones depuis juillet 2025. Mais la législation limite son usage, ce qui complique l’interception. La prise en charge des urgences vitales ne peut plus attendre.
Aristide HAZOUME