Lundi matin, quatre ambulances de l’organisation caritative juive Hatzola ont été incendiées à Londres. Alors que la police traite l’incident comme un crime de haine, des revendications liées à des groupes pro-iraniens soulèvent des inquiétudes majeures sur la sécurité de la communauté juive au Royaume-Uni.
Il était environ 1 h 45 du matin, ce lundi, quand les flammes ont dévoré le parking adjacent à une synagogue londonienne. L’intervention de quarante pompiers et de six véhicules a été nécessaire pour maîtriser le sinistre, dont les déflagrations ont brisé les vitres des immeubles environnants.
Les images de télésurveillance, qui circulent déjà sur les réseaux sociaux, sont formelles : trois individus cagoulés se sont introduits sur les lieux pour déclencher l’incendie avant de s’évaporer dans la nuit. Si aucune victime n’est à déplorer, les dégâts matériels sont lourds : trois ambulances sont totalement calcinées, une quatrième est endommagée.
L’organisation visée, Hatzola, est un pilier de la communauté juive. Fondée dans les années 1960, cette structure bénévole travaille main dans la main avec le système de santé britannique (NHS) pour fournir des secours d’urgence. S’attaquer à des ambulances, c’est s’attaquer à un service de sauvetage universel. « L’objectif de ces agresseurs est clair : ils veulent que les Juifs de ce pays aient peur de vivre leur judaïsme », a martelé le ministre de la Santé, Wes Streeting, présent sur les lieux. « Nous tous, en particulier ceux qui ne sont pas juifs, devons nous réveiller. »
Bien que la police londonienne n’ait pas encore officiellement qualifié l’acte de “terrorisme”, les regards se tournent vers Téhéran. Le groupe SITE Intelligence rapporte qu’une organisation pro-iranienne, le Mouvement islamique du peuple de la main droite, a revendiqué l’attaque. Ce groupe prétend également être l’auteur d’incendies similaires en Belgique et aux Pays-Bas. Cette attaque s’inscrit dans une spirale de violence inquiétante. Depuis les événements du 7 octobre 2023, l’antisémitisme a atteint des records au Royaume-Uni. Selon le Community Security Trust (CST), 3 700 actes antisémites ont été recensés en 2025, marquant l’une des années les plus sombres pour les 290 000 Juifs du pays.
Entre l’attentat de Manchester en octobre dernier et l’inculpation récente d’agents iraniens pour espionnage de sites juifs, la communauté se sent de plus en plus prise pour cible dans une guerre d’influence qui dépasse les frontières du Moyen-Orient. Pour l’heure, le commissaire principal Luke Williams assure que l’authentification de la revendication reste la priorité absolue des enquêteurs.
Secondine GOZINGAN