L’épidémie d’Ebola dans l’est de la RDC a déjà fait 2 642 morts. Face à cette crise, des experts appellent à impliquer davantage les populations locales pour vaincre la maladie.
La 17e épidémie d’Ebola frappe durement les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Le ministère de la Santé a enregistré 5 514 cas et 2 642 décès . Cette flambée évolue dans un contexte sécuritaire instable qui alimente la méfiance des communautés.
L’engagement communautaire, clé de la riposte
Papy Kasereka, ancien responsable de la communication lors de la 10e épidémie, tire la sonnette d’alarme. « Pour vaincre une épidémie, il faut placer les communautés au cœur de la gestion », déclare-t-il. Il plaide pour des visites guidées des centres de traitement afin de dissiper les rumeurs. Les équipes médicales font face à des résistances locales. Les attaques contre les centres de traitement se multiplient. Médecins Sans Frontières (MSF) a ouvert un nouveau centre de 35 lits à Butembo pour renforcer la riposte .
La méfiance, obstacle majeur à l’endiguement
Le Dr Michel Tosalisana, chef de la zone sanitaire de Beni, met en garde les jeunes contre les violences. « Les équipes d’intervention sont là pour protéger la santé de tous », rappelle-t-il. La défiance reste élevée, alimentée par les traumatismes de l’épidémie de 2018-2020. Cette méfiance a des conséquences dramatiques : près de la moitié des malades arrivent à un stade avancé. Les systèmes d’alerte sont défaillants, comme à Butembo où 122 cas confirmés ont été recensés mi-juillet. L’épidémie s’est désormais étendue aux provinces du Tshopo et du Haut-Uélé.
Aristide HAZOUME