Au cœur du Cap, un hippodrome centenaire abrite une biodiversité exceptionnelle. Une micro-grenouille, grande comme un ongle, y survit. Ce refuge unique est menacé par l’urbanisation.
L’hippodrome de Kenilworth, site de courses depuis 1882, cache un secret . En son centre, la zone de conservation s’étend sur 52 hectares. Ce poumon vert urbain protège une flore et une faune rares. La micro-grenouille sud-africaine (Microbatrachella capensis) en est la vedette . Cette espèce est classée “en danger critique” par l’UICN . Sa population ne cesse de diminuer .
“Elle est unique, sans aucune espèce sœur”, souligne l’herpétologue J. Alex Nieto Lawrence . Mesurant moins de 18 mm, elle est la plus petite grenouille du pays . Sa disparition serait irremplaçable pour l’écosystème. La zone est un hotspot de biodiversité. On y dénombre 11 espèces d’amphibiens, 27 mammifères et jusqu’à 110 oiseaux . La conservation de ce site est donc capitale.
Un refuge en péril
La zone protège le “Cape Flats Sand Fynbos”, une végétation critique . Il en reste moins de 15% dans la région . La zone humide saisonnière est essentielle aux amphibiens . Les menaces sont réelles. L’urbanisation, les espèces invasives et la contamination des eaux souterraines pèsent sur le site . La gestion par Nature Connect et Race Coast est cruciale pour sa survie.
Un avenir à consolider
L’hippodrome est un sanctuaire involontaire depuis 1882 . Aujourd’hui, des démarches sont en cours. L’objectif est d’obtenir le statut officiel de réserve naturelle . Ce classement renforcerait la protection de la micro-grenouille. Il faciliterait aussi l’accès du public à cet îlot de nature, comme lors des promenades nocturnes .
Aristide HAZOUME