Le Cameroun traverse une grave pénurie de gaz domestique. Les files d’attente s’allongent dans les grandes villes. Les autorités reconnaissent une crise liée à la dette d’un distributeur et au départ d’un navire-usine. Le gouvernement a lancé un appel d’offres pour importer 60 000 tonnes de GPL.
Une dette de 4 milliards paralyse le marché
La société SCTM, qui détenait 38 % du marché, doit 4 milliards de FCFA à Tradex. La SCDP a suspendu ses livraisons depuis juin 2026. Ses bouteilles rouge orangé ont disparu des échoppes. Les autres distributeurs refusent d’échanger ces bonbonnes. À Yaoundé, les ménages font la queue dès 4 heures du matin. Une bouteille de 12,5 kg se négocie entre 7 000 et 15 000 FCFA, contre 6 500 FCFA en prix homologué. « Un produit de première nécessité ne peut pas être rare dans une capitale », s’indigne Simon Kaldjob, président du Collectif des organisations des consommateurs du Cameroun.
La production locale s’effondre
Le navire-usine Hilli Episeyo a quitté Kribi début août 2026. Il assurait la liquéfaction de 30 000 tonnes de gaz par an. Les gisements de Sanaga Sud se sont épuisés après huit ans d’exploitation. La production locale est tombée à 2 000 tonnes. Le Cameroun importe désormais 150 420 tonnes de butane par an. La demande a bondi de 6,2 % entre janvier et juillet 2026. Le gouvernement a lancé un appel d’offres pour 60 000 tonnes supplémentaires. Une nouvelle sphère de stockage de 1 000 tonnes a été inaugurée à Bonabéri. L’objectif : porter le taux d’utilisation du gaz de 40 % à 70 % d’ici 2030.
Aristide HAZOUME