Plus de 5,2 millions d’élèves syriens ont retrouvé les salles de classe pour l’année 2026-2027. Près d’un tiers des écoles sont hors service, selon l’UNICEF. Les familles font face à l’insécurité et à la précarité.
La rentrée scolaire 2026-2027 a débuté début septembre en Syrie. Plus de 5,2 millions d’élèves ont repris le chemin de l’école, selon le ministère de l’Éducation. Ce chiffre est en forte hausse par rapport aux 4,1 millions de 2025. Il devrait atteindre six millions en 2027. Mais la rentrée se déroule dans des conditions difficiles. Plus de 7 000 écoles ont été endommagées ou détruites par des années de conflit. Environ 8 000 bâtiments restent inutilisables, rapporte l’UNICEF. Certaines écoles servent encore d’abris pour les déplacés. Le ministère a réhabilité environ 1 840 bâtiments scolaires en 2026. Environ 507 autres sont en cours de rénovation. À Homs, 35 écoles ont rouvert le 28 septembre, accueillant plus de 18 600 élèves.
Une précarité qui pèse sur les familles
Tasnim, huit ans, marche chaque jour plusieurs kilomètres jusqu’à son école. « Les écoles près de chez nous sont toutes détruites », raconte-t-elle. Sa famille est revenue à Damas il y a deux ans, faute d’alternative. Sa maison porte les stigmates de la guerre : murs abîmés et portes cassées. Faute d’électricité, elle étudie uniquement à la lumière du jour. « Les services ici sont paralysés », affirme Mahmoud Rushdi, son père. « Nous avons besoin d’énergie solaire, mais la plupart des gens n’en ont pas les moyens. » Il redoute aussi les risques d’enlèvement. La région est déserte et abandonnée. Pour de nombreuses familles, le coût de la rentrée engloutit la moitié d’un salaire.
Les défis de la reconstruction
Le ministère tente d’unifier les programmes scolaires à travers le pays. Des cours d’arabe sont proposés aux élèves revenus de l’étranger. Mais les défis restent immenses. Environ 2,4 millions d’enfants sont toujours privés d’école. Des agences onusiennes et des partenaires internationaux soutiennent la réhabilitation. L’UNICEF a fourni des fournitures scolaires à un million d’enfants. L’ICESCO et l’Azerbaïdjan financent la réhabilitation de 100 écoles. Pour des milliers d’enfants syriens, l’éducation reste un combat quotidien.
Aristide HAZOUME