L’inflation alimentaire kényane a atteint 7,3 % en février 2026. La sécheresse a détruit les récoltes et 2,7 millions de personnes sont en insécurité alimentaire aiguë. Le gouvernement redoute l’arrivée d’El Niño.
Les consommateurs kényans réduisent leurs dépenses. Le prix de la farine de maïs a augmenté de 9,6 % sur un an, selon la Banque centrale du Kenya. Les pommes de terre ont grimpé de 18,3 % et le chou de 43,4 %. À Nairobi, Jackline Aywa, mère de trois enfants, ne fait plus qu’un seul repas par jour. « Le coût de la nourriture a vraiment augmenté », témoigne-t-elle. Le maïs est un produit essentiel au Kenya. Il représente 2,6 % du panier de l’indice des prix. Les prix du maïs ont dépassé la moyenne quinquennale de 6 à 33 % dans tout le pays.
Une agriculture dépendante de la pluie
L’agriculture kényane reste vulnérable. « La majeure partie de notre agriculture dépend des pluies », explique l’analyste climatique Jackson Koimburi. Les précipitations irrégulières ont ravagé les cultures dans le grenier à maïs du North Rift. À Uasin Gishu, le gouverneur Jonathan Bii prévoit une chute de 60 % de la production alimentaire. Dans le comté de Trans Nzoia, 20 000 hectares de maïs ont été détruits. Face à cette crise, le gouvernement a autorisé l’importation de 25 millions de sacs de maïs. Une sécheresse a frappé des zones agricoles en 2026. Elle a réduit les pâturages et provoqué une pénurie de lait. L’arrivée annoncée d’El Niño inquiète les autorités. Des pluies excessives pourraient endommager les cultures et aggraver les pénuries.
Une crise alimentaire qui s’aggrave
Selon l’analyse IPC de septembre 2026, 2,7 millions de Kényans sont en situation de crise alimentaire aiguë. Cela représente une hausse de 55 % par rapport à l’analyse précédente. Quelque 348 000 personnes sont en situation d’urgence. Les populations réfugiées comptent 351 000 personnes en crise. Avec El Niño, ce chiffre pourrait atteindre 430 000.
Aristide HAZOUME