Le Sénégal a réuni mardi 6 octobre 2026 l’ensemble de ses créanciers pour la première fois. Dakar, dont la dette atteint 130 % du PIB, négocie un réaménagement sous l’égide du FMI.
Une réunion virtuelle pour lancer les négociations
La rencontre s’est tenue par visioconférence à 12h00 GMT. Le FMI a piloté les échanges, selon le ministère sénégalais des Finances. L’objectif : présenter la situation économique du pays et sa stratégie de traitement de la dette. Aucun engagement financier n’était attendu. « Il s’agit d’une réunion d’information et de dialogue », précise le gouvernement. Les créanciers bilatéraux sont connus : Chine, France, Inde, Koweït, Allemagne, Japon. Mais le nombre de banques commerciales et de bailleurs privés reste flou. Ce premier tour de table doit permettre de les identifier.
Trois options sur la table
Dakar privilégie l’allongement des délais de remboursement. Les deux autres pistes sont une baisse des coupons ou une suspension des paiements. Le pays veut éviter le mot « restructuration ». Son président, Bassirou Diomaye Faye, parle de « reprofilage ». Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a récemment évoqué un « traitement de la dette ». Dakar a lancé son plan le 1er septembre 2026. Le FMI a donné son accord de principe pour un prêt de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois. Le Sénégal entend exclure sa dette en francs CFA de ce processus. Les eurobonds, environ 4,8 milliards de dollars, seraient concernés.
Un héritage de dettes cachées
La crise remonte à 2024. Un audit a révélé des emprunts non déclarés sous Macky Sall. La dette a bondi à 132 % du PIB. Le FMI a gelé son programme en 2025. Les arriérés de paiement atteignent 3,42 milliards de dollars. L’objectif est un accord d’ici décembre 2026.
Aristide HAZOUME