Le Centre de renseignement financier suédois a identifié des transactions suspectes d’un montant de 260 millions d’euros. Ces flux impliquent des réseaux russophones et des milliers d’entreprises interconnectées. Les autorités décrivent un phénomène d’ampleur « quasi industrielle ».
Le Centre de renseignement financier suédois a dévoilé les résultats de son enquête. Les transactions suspectes atteignent 2,9 milliards de couronnes, soit environ 260 millions d’euros. Les trois quarts de ces flux circulent à l’intérieur du pays. Les soupçons visent des sociétés liées à la Géorgie, l’Ouzbékistan, l’Ukraine, la Russie et la Lettonie. Le mécanisme repose sur des fausses factures et un réseau de milliers d’entreprises interconnectées. L’objectif est de faire circuler de l’argent en lui donnant une apparence légale. « Il y a énormément de personnes impliquées dans ce système », explique Marcus Willner, responsable des opérations au Centre.
Une vulnérabilité structurelle suédoise
La Suède est particulièrement exposée à ces pratiques. Son système repose davantage sur la confiance que sur les contrôles. « Tout le monde a le droit d’avoir un compte bancaire », souligne Marcus Willner. « Il est également facile de créer une entreprise ». Cette faille est exploitée par les criminels, qui renouvellent constamment entreprises et identités.
Une réponse globale et proactive
Les autorités appellent à une action concertée. Marcus Willner estime qu’il faut « s’attaquer au problème de manière globale ». Il ne suffit pas d’« enquêter sur des individus isolés ». La coopération entre les pays et les autorités est jugée essentielle. Des mesures ont déjà été prises : plus de 1 000 comptes bancaires ont été fermés et 50 millions de couronnes gelés.
Aristide HAZOUME