August Hanning, ancien président du renseignement extérieur allemand, a été arrêté mardi 6 octobre 2026. Il est soupçonné d’avoir transmis des secrets d’État à un service étranger pendant plus de dix ans.
Une affaire sans précédent au sommet du renseignement
Le parquet fédéral a annoncé l’arrestation d’August Hanning, 80 ans, mardi 6 octobre 2026. L’ancien patron du BND (1998-2005) est « fortement soupçonné d’espionnage constitutif de trahison ». Son ancien directeur de cabinet, Manfred D., a également été arrêté. Ce dernier a travaillé au BND jusqu’en mars 2026. Les deux hommes auraient convenu dès 2010 un trafic de documents secrets. Manfred D. aurait fourni environ 2 000 documents classifiés à Hanning. Ces documents étaient destinés aux briefings des plus hauts dirigeants allemands. Hanning les aurait exploités dans ses activités de consultant privé.
Des analyses vendues à un service étranger
Hanning aurait rédigé une analyse à partir de contenus classifiés pour un « officier d’un service de renseignement étranger ». Selon Der Spiegel, cette analyse visait un agent du renseignement azerbaïdjanais. Les documents concernaient le programme nucléaire iranien ou l’armée russe. Ni Moscou ni la Russie ne seraient impliqués, selon l’AFP. Les perquisitions ont débuté dans le cadre d’une autre affaire. Hanning était suspecté d’avoir aidé une femme d’affaires à enlever ses enfants.
Des réactions politiques indignées
Le président actuel du BND, Martin Jäger, a promis « aucun compromis s’agissant de la sécurité interne ». Konstantin von Notz, député écologiste, a évoqué des « accusations abominables et sans fond ». Le dépité conservateur Marc Henrichmann a déclaré : « Nous ne tolérerons aucune trahison de secrets ». Cette affaire porte un coup sévère au renseignement allemand. Berlin cherche justement à renforcer ses services face à la menace russe.
Aristide HAZOUME