En Côte d’Ivoire, le dossier d’Affoué Félicité Kouamé connaît un tournant. Détenue depuis plus de sept ans, elle sera finalement jugée en appel le 6 mai. La décision a été prise le 22 avril par la cour d’appel.
Une détention prolongée contestée
Depuis 2019, l’accusée est incarcérée au pôle pénitentiaire d’Abidjan. Elle avait pourtant interjeté appel dès sa condamnation. Son avocat dénonce une détention excessive, qu’il estime contraire aux droits fondamentaux. En mars 2019, la justice l’a condamnée à vingt ans de prison pour faux et usage de faux. Les faits portent sur une escroquerie présumée, impliquant plus de 90 millions de francs CFA. Selon l’accusation, elle promettait des recrutements dans la fonction publique et aurait ainsi trompé plusieurs victimes. La défense, elle, juge la peine disproportionnée.
Un dossier longtemps bloqué
Malgré l’appel, la procédure est restée inactive durant plusieurs années. Cette situation a récemment suscité l’indignation sur les réseaux sociaux. Par la suite, le ministère de la Justice a reconnu un dysfonctionnement. Face à la polémique, les autorités judiciaires ont réactivé le dossier. Le parquet général a demandé une reprise rapide, et la cour d’appel a finalement fixé la date du procès.
Les normes régionales évoquées
Pour la défense, cette détention dépasse les délais raisonnables. Elle s’appuie sur les standards de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), selon lesquels trois ans constituent déjà un seuil critique. Par ailleurs, les autorités ivoiriennes annoncent des mesures correctives. L’Assemblée nationale a adopté un projet de loi important prévoyant la création d’un Observatoire national de la détention. Cet organe serait chargé de contrôler les délais de détention et de prévenir les abus. Les défenseurs des droits humains saluent cette initiative.
Une échéance judiciaire attendue
Désormais, l’attention se tourne vers le 6 mai. Ce procès en appel devra clarifier l’affaire Kouamé. Il pourrait également relancer le débat sur la réforme judiciaire en Côte d’Ivoire.
Aristide HAZOUME