économie

Côte d’Ivoire : Lutte renforcée contre le blanchiment de capitaux

Face à une progression alarmante du blanchiment d’argent, le procureur du pôle pénal financier tire la sonnette d’alarme. En moyenne, un signalement par jour est transmis aux services du parquet, et le secteur immobilier apparaît comme le principal vecteur de ces opérations illicites.

Blanchiment en hausse : le secteur immobilier dans le viseur

Selon Jean-Claude Aboya, procureur du pôle pénal financier, le phénomène du « blanchiment autonome » gagne du terrain en Côte d’Ivoire. Les services de son parquet reçoivent désormais en moyenne une déclaration de soupçon par jour. Les enquêtes révèlent une circulation des fonds suspects de plus en plus rapide, compliquant le travail des enquêteurs. Le secteur immobilier est identifié comme le principal canal d’infiltration de l’argent sale. À titre d’illustration, un artiste a été condamné la semaine passée pour blanchiment de capitaux, tandis qu’une personnalité religieuse fait actuellement l’objet de poursuites judiciaires. Ces affaires montrent l’étendue du phénomène, qui ne touche plus seulement les grandes organisations criminelles.

Renforcement des contrôles et surveillance numérique accrue

Depuis deux ans, la Côte d’Ivoire figure sur la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI). Dans ce contexte, les autorités multiplient les efforts pour améliorer la conformité du système financier national. Jean-Claude Aboya affirme que la sortie de cette liste est devenue une priorité nationale. Un dispositif de veille numérique a été mis en place pour détecter les transactions suspectes en ligne. Parallèlement, le parquet financier mène des opérations de sensibilisation auprès des acteurs économiques, en particulier dans les secteurs à risque que sont l’immobilier, les commerces de luxe et l’import-export. La coopération internationale s’intensifie également, avec des échanges réguliers avec des organisations spécialisées dans la lutte anti-blanchiment. Des formations sont organisées pour renforcer les capacités des enquêteurs, et la digitalisation croissante des flux financiers facilite désormais la traçabilité des opérations douteuses.

Confiscation des biens et appel à la vigilance citoyenne

Le gouvernement ivoirien affirme vouloir restaurer la confiance des investisseurs internationaux. Pour y parvenir, le dispositif juridique prévoit la confiscation des biens mal acquis, tandis que les banques sont appelées à renforcer leurs contrôles internes. Les enquêtes s’appuient de plus en plus sur les données numériques, et la coopération entre la justice et les forces de sécurité est renforcée. Le secteur immobilier reste sous surveillance renforcée, notamment dans les grandes villes comme Abidjan. Le procureur insiste sur une politique de tolérance zéro contre les infractions financières. Les sanctions visent également les réseaux criminels organisés transnationaux.

Les autorités appellent les citoyens à signaler toute activité suspecte. « La lutte contre le blanchiment est une priorité stratégique nationale », rappelle le parquet, qui mise sur la modernisation des outils financiers et une transparence accrue pour stabiliser l’économie et sortir rapidement de la liste grise du GAFI.

Aristide HAZOUME 

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