Politique

Crise en RDC : Le Burundi initie des consultations politiques à Bujumbura

À l’initiative du président burundais Évariste Ndayishimiye, plusieurs figures de l’opposition congolaise se sont rendues à Bujumbura pour des consultations consacrées à la crise politique, sécuritaire et institutionnelle que traverse la République démocratique du Congo (RDC). Ces échanges interviennent alors que les appels en faveur d’un dialogue national inclusif se multiplient pour tenter de sortir de l’impasse actuelle.

L’opposition congolaise répond favorablement à l’invitation burundaise

Dans un geste d’apaisement, la Coalition Article 64 a décidé de reporter sa marche pacifique, initialement prévue le 8 juillet, au 22 juillet. Dans un communiqué, la plateforme justifie ce report par son acceptation de l’invitation du président Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Les modalités concrètes de cette médiation, en revanche, n’ont pas encore été dévoilées.

Parmi les personnalités présentes à Bujumbura, Jean-Marc Kabund a quitté Kinshasa vendredi, tandis que Martin Fayulu est arrivé samedi dans la capitale burundaise. Ce dernier a indiqué vouloir « écouter les propositions du chef de l’État burundais », tout en réaffirmant les revendications majeures de l’opposition congolaise, notamment le rejet d’un troisième mandat présidentiel et l’organisation d’un dialogue national inclusif des positions portées depuis plusieurs mois par de nombreuses forces politiques congolaises. Martin Fayulu a également fait part de son intention d’aborder le cas de Benjamin Babunga Watuna, un humanitaire et blogueur congolais détenu à Bujumbura depuis le 27 mai. Ce dossier devrait figurer parmi les sujets abordés au cours des échanges.

Une médiation suivie avec prudence par les acteurs politiques

Au-delà des figures de l’opposition, plusieurs autres personnalités et institutions ont également reçu une invitation officielle. C’est le cas du prix Nobel de la paix Denis Mukwege, ainsi que de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), qui soutiennent activement un dialogue national dans le cadre du Pacte social pour la paix qu’elles ont initié. Toutefois, cette initiative suscite une certaine prudence. L’opposant Delly Sesanga a ainsi mis en garde contre une multiplication des médiations, estimant que des processus parallèles risquent d’affaiblir les efforts déjà engagés, notamment ceux menés par l’Union africaine et les instances et régionales.

Selon des sources concordantes, cette démarche aurait été évoquée lors de la visite d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa, le 23 juin dernier. Le Burundi, partenaire régional clé de la RDC dans la lutte contre l’instabilité dans l’est du pays, pourrait à travers ces consultations évaluer les attentes des différents acteurs avant toute nouvelle initiative diplomatique.

Aristide HAZOUME 

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