Les pays du Maghreb connaissent une baisse de fécondité sans précédent. Selon une étude de l’INED, Tunisie, Maroc et Algérie s’orientent vers des niveaux très bas, avec des conséquences majeures sur leur démographie.
Le baby-boom maghrébin est définitivement terminé. Une étude publiée en mai 2026 par l’Institut national d’études démographiques (INED) révèle un basculement historique. Les trois pays du Maghreb enregistrent des niveaux de fécondité historiquement bas. Dans les années 1970, les femmes avaient en moyenne sept à huit enfants. Ce chiffre a été divisé par deux dès le début des années 1990. En 2024, la Tunisie affiche 1,53 enfant par femme, le Maroc 1,97 et l’Algérie 2,61.
Mariages tardifs et contraintes économiques
Plusieurs facteurs expliquent cette chute. Le recul du mariage et l’allongement des études retardent les projets familiaux. Les difficultés d’insertion professionnelle pèsent également sur les choix des couples. “Le coût de la vie augmente, les prix grimpent”, témoigne Ahmed, étudiant à Salé. Bouchra Bekioua, jeune Algérienne, abonde : “Les gens évitent d’avoir beaucoup d’enfants, car les élever devient difficile.”
Des trajectoires nationales divergentes
La Tunisie connaît la chute la plus rapide. Le démographe Hassen Kassar estime que cette évolution “entraînera un besoin accru de main-d’œuvre migrante”. Au Maroc, la baisse est continue, portée par une progression de la contraception. L’Algérie, après un rebond temporaire, voit sa fécondité repartir à la baisse. Ce phénomène n’est pas propre au Maghreb : deux tiers de la population mondiale se situent désormais sous le seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme). La région s’achemine vers un vieillissement accéléré de sa population.
Aristide HAZOUME