L’épidémie d’Ebola en RDC est la deuxième plus grave de l’histoire. L’OMS craint qu’elle ne dépasse le bilan de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest.
L’alerte est maximale en République démocratique du Congo. L’épidémie d’Ebola progresse à un rythme inédit. Mercredi 12 août, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tiré la sonnette d’alarme. « Au rythme actuel, cette épidémie est en passe de dépasser celle de 2014-2016 », a-t-il déclaré. Le bilan est déjà lourd. On recense 4 449 cas confirmés et 2 061 décès. Le taux de létalité atteint 46 %. L’épidémie touche cinq provinces et 53 zones de santé. Elle est déjà la deuxième plus meurtrière de l’histoire.
Ituri, épicentre de la crise
Près de 90 % des cas et 80 % des décès sont concentrés dans la province d’Ituri. Une transmission active persiste à Bunia, Rwampara, Nizi et Lita. L’OMS s’inquiète des décès survenant hors des centres de traitement. De nombreux cas sont détectés en dehors des listes de contacts connus. Ces éléments indiquent des chaînes de transmission non identifiées.
Une riposte entravée par l’insécurité
Le contexte sécuritaire complique la lutte. L’est de la RDC est en proie à des conflits armés. Les déplacements de population et le mauvais état des routes entravent l’accès aux soins. La méfiance et la désinformation aggravent la situation. Les capacités de traitement doivent être triplées pour atteindre 3 000 lits. Le taux de recherche des contacts, actuellement de 80 %, doit passer à 95 %. Plus de 21 000 agents de santé ont été formés. Un financement de 518 millions de dollars est nécessaire, mais seulement 264 millions ont été débloqués.
Aucun vaccin ni traitement spécifique n’est approuvé contre la souche Bundibugyo. Deux vaccins sont en phase d’essai clinique. L’épidémie, officiellement déclarée le 15 mai, aurait débuté dès février selon les analyses génétiques. L’OMS estime que le pic pourrait être atteint dans environ six mois. « L’épidémie a pris une longueur d’avance. Nous jouons le rôle de rattrapage », a résumé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Aristide HAZOUME