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Guerre commerciale : Le Canada riposte, Trump durcit le ton

La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis franchit un nouveau cap. Ce 8 septembre, Ottawa a décidé de répondre aux surtaxes américaines par de nouveaux droits de douane visant plusieurs produits en provenance des États-Unis. Une riposte que Washington n’a pas tardé à dénoncer, avec de nouvelles menaces brandies par Donald Trump.

Le bras de fer entre les deux voisins nord-américains prend ainsi une ampleur inédite. Mardi 8 septembre 2026, le gouvernement canadien a annoncé l’entrée en vigueur de surtaxes de 15 %, 25 % et jusqu’à 50 % sur une série de marchandises américaines. La mesure représente environ 27,6 milliards de dollars canadiens de produits concernés.

Acier, produits laitiers, équipements électroniques figurent parmi les secteurs ciblés. Ottawa assure avoir soigneusement calibré sa riposte afin qu’elle corresponde, « au dollar près », à la valeur des produits canadiens frappés par les surtaxes américaines depuis le 22 août.

Mark Carney veut réduire la dépendance aux États-Unis

Derrière cette riposte tarifaire se joue une bataille plus large : celle de l’indépendance économique du Canada. Le Premier ministre Mark Carney assume désormais une stratégie visant à réduire la dépendance de son pays envers son principal partenaire commercial. Le défi est cependant considérable. Près de 60 % des importations canadiennes proviennent des États-Unis, tandis qu’environ 70 % des exportations canadiennes y sont destinées. Une interdépendance qui rend toute confrontation commerciale particulièrement risquée pour Ottawa.

Mark Carney mise néanmoins sur la diversification des partenariats commerciaux ainsi que sur le développement de grands projets dans les secteurs énergétique et minier. Pour le Premier ministre canadien, le prix de l’inaction serait supérieur à celui d’une réorientation économique.

Washington répond par de nouvelles mesures

À peine la riposte canadienne annoncée, Donald Trump a choisi de durcir davantage le bras de fer. Le président américain a notamment menacé de restreindre l’accès des entreprises canadiennes à un vaste programme de commandes publiques, susceptible de représenter plusieurs dizaines de milliards de dollars par an. D’autres mesures sont également annoncées. À partir du 29 septembre, certaines importations canadiennes, notamment des boissons alcoolisées, du lactosérum et certains modèles de motos, doivent faire l’objet d’interdictions ou de restrictions supplémentaires.

Le conflit touche également le secteur aéronautique. Le constructeur canadien Bombardier s’est retrouvé dans le viseur de Donald Trump, qui a évoqué un possible boycott. Une perspective qui inquiète jusque dans les rangs républicains, notamment au Kansas, où le groupe emploie plus d’un millier de personnes.

Un affrontement qui dépasse les droits de douane

La confrontation ne se limite désormais plus aux tarifs douaniers. Les déclarations de Donald Trump et de Mark Carney traduisent une tension politique croissante entre les deux pays. Le Premier ministre canadien a déjà accusé Washington de chercher à affaiblir l’industrie canadienne et à placer le pays dans une situation de dépendance. De son côté, Donald Trump continue de multiplier les pressions publiques contre Ottawa. Pour autant, le Canada laisse encore la porte ouverte au dialogue. Le ministre canadien chargé des relations avec les États-Unis, Dominic LeBlanc, a indiqué que son gouvernement évaluait les nouvelles mesures américaines et restait disposé à reprendre les discussions.

Mais pour l’heure, aucun véritable signe d’apaisement ne se dessine. Entre représailles douanières, menaces économiques et volonté canadienne de diversifier ses partenaires, le conflit commercial entre Ottawa et Washington s’installe dans la durée.

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