Le maire de Kankan impose aux chefs de famille de signaler tout hébergement d’un étranger. La société civile dénonce une atteinte à l’hospitalité guinéenne.
La commune urbaine de Kankan a instauré de nouvelles mesures de sécurité. Un communiqué signé le 7 septembre par le maire Lamine Labo Kourouma impose deux obligations majeures. Tout chef de famille recevant un étranger doit informer immédiatement le chef de quartier. Il est également interdit de loger un étranger sans information préalable.
Une décision justifiée par l’insécurité
Les autorités invoquent l’assassinat de Mory Soumaré le 18 août. Son corps décapité avait été retrouvé sous un pont à Salamani. Le procureur général Marwane Baldé a promis que les auteurs seraient identifiés. La mairie évoque aussi la présence de travailleurs étrangers. Le porte-parole Michel Pivi cite le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Le député Aly Badara Condé soutient fermement l’initiative. Il affirme que « Kankan vit une insécurité hors pair ».
La société civile dénonce une mesure liberticide
Un responsable de la société civile parle d’« ingérence des autorités ». Il s’inquiète de la criminalisation du « sérè », l’hospitalité en Guinée. Le terme « étranger » pose un problème d’interprétation juridique. Un communiqué n’est pas un acte réglementaire opposable. Cette mesure intervient à Kankan, ville de plus de 400 000 habitants. La cité du Nabaya est reconnue pour son accueil et son hospitalité.
Aristide HAZOUME