Le président du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, est arrivé lundi à Damas pour sa première visite officielle depuis la chute de Bachar el-Assad. Cette rencontre avec le président Ahmad al-Charaa vise à débloquer l’application de l’accord du 29 janvier entre Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS), six mois après sa signature.
L’accord signé en janvier prévoyait un cessez-le-feu global et l’intégration des forces kurdes dans les nouvelles institutions syriennes . Mais six mois plus tard, cette intégration reste très partielle. Selon une source officielle syrienne, la visite de Barzani vise à faire le point sur l’application du texte . Un drapeau géant du Kurdistan a été déployé à l’entrée du Palais du Peuple pour accueillir le dirigeant kurde .
Des divergences d’interprétation persistent
Pour Damas, l’intégration implique que les combattants des FDS rejoignent individuellement l’armée syrienne. Les Kurdes souhaitent, eux, intégrer le ministère de la Défense tout en conservant leur propre division . Le ministre syrien de l’Information a clarifié que l’intégration militaire se fera sur une base individuelle, sans maintien de formations séparées .
Un contexte sécuritaire tendu
Depuis la chute d’Assad, les forces kurdes ont dû se retirer de larges pans du nord de la Syrie. Elles ont abandonné l’aéroport de Qamichli et les champs pétrolifères, principale source de leur financement . Kerim Kamar, représentant de l’Administration autonome, évoque un sentiment persistant d’insécurité lié à la présence de groupes pro-turcs . À l’issue de la rencontre, Barzani a réaffirmé son « soutien à une Syrie stable et unie ». Les deux dirigeants ont appelé à renforcer leur coordination pour contribuer à la paix régionale .
Aristide HAZOUME