Le gouvernement intérimaire vénézuélien a conclu des accords majeurs avec Chevron et Eni. La cérémonie s’est tenue mercredi à Caracas. Washington obtient le contrôle d’un cinquième des réserves nationales.
Le Venezuela a franchi une nouvelle étape dans son rapprochement énergétique avec les États-Unis. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a paraphé une série de contrats. La signature s’est déroulée en présence du secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright. L’accord-cadre, annoncé le 28 août, prévoit des concessions de 100 ans sur 17 champs. Les réserves concernées représentent environ 65 milliards de barils. Soit l’équivalent de 20 % du pétrole prouvé du pays.
Des investissements colossaux pour relancer la production
Le géant américain Chevron a confirmé un investissement de 7 milliards de dollars. L’entreprise prévoit de plus que doubler sa production locale d’ici cinq ans. Le groupe italien Eni devient l’opérateur exclusif du gisement géant de Junín 5. Des accords ont également été signés avec GE Vernova pour réparer le réseau électrique. Chris Wright a qualifié l’événement de « victoire pour les deux peuples ». Il a rejeté les accusations de « vol » du pétrole vénézuélien. Selon lui, les entreprises apportent des capitaux et des technologies nécessaires.
Un accord contesté sur le plan politique et juridique
Ces contrats suscitent de vives critiques au Venezuela. L’opposition dénonce un manque de transparence et de légitimité. Le gouvernement intérimaire de Delcy Rodriguez est contesté depuis l’arrestation de Nicolas Maduro. La population doute de pouvoir bénéficier des retombées financières promises. L’administration Trump a pris une participation de 35 % dans l’opérateur NABEP. Cet accord prévoit un versement de 200 milliards de dollars de redevances sur 25 ans. Le Venezuela toucherait 19 dollars par baril produit. Le secrétaire Wright a toutefois écarté des élections anticipées, jugeant le pays « pas prêt ».
Aristide HAZOUME