Dévoilé le 25 mars au palais présidentiel d’Iavoloha, le nouvel exécutif malgache ne bouscule pas les codes. Entre reconductions stratégiques et promesses de probité technologique, le Président de la Refondation, Michaël Randrianirina, joue la carte de la stabilité malgré les attentes de la jeunesse.
Le remaniement tant attendu, survenant deux semaines après la dissolution de l’équipe précédente, n’a pas apporté le vent de fraîcheur espéré par une partie de l’opinion. Sur les 30 ministres nommés, 17 faisaient déjà partie du précédent gouvernement.
la Gen Z, pourtant très active sur la scène politique et sociale, se retrouve totalement absente de cette nouvelle équipe. Ce manque de représentativité est accentué par la reconduite de figures contestées, notamment : Fanirisoa Ernaivo: Maintenue au poste de Garde des Sceaux, elle cristallise les critiques de la jeunesse pour son soutien passé à l’homme d’affaires Koufali Daya. Hernandez Ramiarison : L’universitaire conserve le portefeuille stratégique de l’Économie et des Finaences.Hanitriniaina Razafimanantsoa : Elle reste à la tête du ministère de la Refondation avec la lourde tâche d’organiser la concertation nationale.
Si la continuité domine, deux changements notables viennent rectifier le tir dans des secteurs clés :Diplomatie :La diplomate de carrière Alice N’Diaye remplace Christine Razanamahasoa aux Affaires étrangères. Le dossier brûlant de l’énergie est confié à Lucas Rabearimanga, un expert issu de l’Office malgache des hydrocarbures, signalant une volonté de technicité accrue.
Lors de la présentation officielle, le président Michaël Randrianirina a surpris l’auditoire en vantant l’usage du détecteur de mensonges pour valider l’intégrité de ses ministres. Une approche technologique destinée à rassurer après les récents scandales.« Si un cas de corruption est remonté, le ministre sera déchu immédiatement », a prévenu le chef de l’État.
Le nouveau Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison a reçu une feuille de route claire : assainir la gestion publique. Le gouvernement devra impérativement intégrer les recommandations de la Cour des comptes , suite à la publication d’audits accablants le 19 mars dernier sur les dérives financières du régime déchu.
Secondine GOZINGAN